samedi 31 août 2013

Цyть-цyть


On vous dit "Russie", à quoi pensez-vous? Moi, j'avais plein de préjugés. J'ai vécu ma jeunesse pendant la fin de la Guerre froide. Les Soviétiques étaient moins méchants que du temps de mes parents ou de mes grands-parents, mais ils habitaient tout de même un monde étrange et glauque. En plus, c'était nos ennemis jurés au hockey. Malgré les bouleversements survenus avec la chute du communisme, je ne peux pas dire que Poutine et ce qu'on entend de la Russie actuelle m'inspiraient confiance.

Je ne peux pas dire que mon séjour a complètement changé ma perception. Je quitte le pays avec des sentiments partagés. Très content de l'expérience mais heureux de partir. Et pourtant déjà décidé d'y revenir! Au moins à Saint-Pétersbourg et Moscou que nous n'avons pas explorées à notre goût.

Ce qui me reste comme images, outre les photos?

1. Une jeunesse dynamique, avide de plaisir et d'argent, qui fume la cigarette et qui souvent affiche ses croyances religieuses!
2. Une vie urbaine qui se veut branchée, mais où commander un repas en groupe au restaurant s'avère plus difficile et inefficace qu'en Inde...
3. Une vie rurale qui nous laisse croire qu'on a pris une machine à voyager dans le temps pour revenir plusieurs décennies en arrière... dans un monde où la tradition et le folklore rime avec une pauvreté incroyable surtout quand on songe que la Russie fait partie du G8.
4. Un passé dont on ne s'est pas encore remis, un État sous surveillance, une encore très lourde bureaucratie, où il faut trainer des papiers et des papiers et des papiers.
5. Beaucoup de patates et de choux! Mais aussi des concombres et des tomates... au déjeuner, au dîner et au souper!

La Russie? À petites doses. Pas trop à la fois. Un petit peu. Цyть-цyть

samedi 24 août 2013

Beatles: 1 Pussy Riot: 0

Quelques semaines avant notre départ, nous avons regardé un documentaire sur les Beatles. Il y a longtemps que je pensais avoir fait le tour du sujet... Sans tout maîtriser, disons que les nouveaux angles se faisaient rares. Or, voici qu'il était question de l'influence du quartet anglais sur la chute du régime soviétique! Comme je savais que je serais bientôt Back in USSR, si je peux dire, et bien que la thèse m'ait semblée exagérée, je me suis laissé porter par le propos qui s'est révėlė pour le moins fascinant.

La musique occidentale était évidemment interdite par les autorités communistes. On pouvait s'en procurer sur le marché noir, mais non sans risque. De nombreux jeunes se sont faits raser la tête par la police révélant ainsi publiquement leur "crime"! Il fallait faire preuve d'audace et surtout de créativité pour se procurer des disques. En fait, on gravait la musique sur du plastique souple, notamment celui servant à produire les images de rayon X. Cela permettait de les dissimuler bien plus facilement en les roulant. Ceux qui voulaient jouer du rock devaient se construire eux-mêmes leur guitare électrique! Un bout de table de cuisine bien découpé, des pièces de téléphones publics et d'autres provenant des hauts-parleurs fixés aux poteaux électriques pour diffuser les messages de propagande communiste, et le tour était joué! Parmi tous les groupes existants, le préféré des Sovietiques était les Beatles. On pourrait croire qu'un band plus rebelle autait pu avoir la cote auprès d'une jeunesse opprimée et assoiffée de révolution. La Beatlemania russe, plus masculine qu'à l'ouest, semble s'expliquer par la joie de vivre projetée par les quatre gaçons dans le vent et par l'optimisme de leurs chansons. Les écouter et reprendre leurs airs étaient une manifestation de liberté d'expression, mais aussi une façon de nommer le mode de vie auxquels plusieurs aspiraient.

Cinquante ans après la sortie de Love me do, un autre groupe incarne la révolution au pays : les Pussy Riot. La formation punk, constituée de sept femmes, s'est produite à diverses reprises, sans autorisation, dans des endroits publics. Leur objectif est clairement politique: elles dénoncent le régime autoritaire de Vladimir Poutine, la montée en puissance de l'Église orthodoxe, les oligarques et toute forme de pouvoir patriarcal. Le geste d'éclat qui les a fait connaître en Occident et qui a mérité à deux d'entre elles une peine de deux ans de prison, est leur prestation d'une prière punk en pleine Cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. En Islande, nous sommes allés voir un documentaire sur l'événement et surtout sur le procès qui en a découlé. Bien qu'en raison d'une bande-annonce trompeuse et d'un titre anglophone, nous ayons abouti à visionner le film en russe avec sous-titres en islandais (on est cinéphile ou on ne l'est pas), nous avons été capables de saisir l'essentiel de l'enjeu: alors qu'elles souhaitaient dénoncer l'autoritarisme et le machisme, les musiciennes ont été jugées pour haine religieuse et actes blasphématoires.

Je suis conscient d'en savoir trop peu sur le sujet pour poser un jugement éclairé. Ces femmes appartiennent à divers groupes d'activistes politiques radicaux possédant chacun leur idéologie propre. Leurs actes de provocation sont nombreux et parfois surprenants. Une des membres du groupe a, par exemple, participé à une orgie publique en plein Musée zoologique de Moscou pour dénoncer Medevedev! Faute de pouvoir saisir les tenants et aboutissants du discours des Pussy Riot pendant notre séjour, je me suis plutôt intéressé à la perception que les Russes ont du groupe. Je ne peux prétendre que les quelques personnes interrogées représentent l'opinion générale. Néanmoins, j'ai été surpris par l'unanimité des réponses recueillies. J'ai parlé à des hommes et à des femmes, âgés entre 25 et 50 ans. Tous disent sensiblement la même chose: il était inapproprié de poser un tel geste dans une église, ailleurs c'eut été différent. Cela dit, le gouvernement a fait du procès un spectacle. Il a récupéré l'affaire de façon populiste en insistant sur sa dimension religieuse. Ce qui nous amène à un enjeu crucial, celui de la séparation de l'Église et de l'État.

Depuis l'effondrement de l'URSS et plus spécialement sous la gouvernance de Poutine, les monastères et les églises qui avaient été détruites par les communistes sont reconstruites et les bâtiments religieux confisqués pour une autre vocation rendus aux autorités ecclésiastiques. Alors que Marx voyait dans la religion un dangereux opium, les dirigeants politiques actuels semblent voir d'un bon oeil les effets tranquilisants de cette "drogue". Conservatrice, l'Église orthodoxe promeut des valeurs qui plaisent au régime. Ou peut-être est-ce au peuple? Mais cela revient au même. En promulguant des lois qui trouvent un large appui populaire, contre les gays par exemple, le gouvernement détourne l'attention de problèmes beaucoup plus graves.

On pourrait croire que ce retour du religieux est la dernière étape dans la disparition complète du communisme. Nous avons d'ailleurs visiter un musée du socialisme à Kazan. Pourtant, les statues de Lénine trônent encore majestueusement en grand nombre sur les places. Je n'en ai cependant pas vu une de Gorbatchev! Comme si la figure du grand révolutionnaire à vénérer devait demeurer celle d'un homme du passé. Pour faire bien comprendre que le temps des bouleversements était loin derrière.

Vassily, notre guide local à Pushkin, croit que la révolution n'est pas teminée, loin de là. Malheureusement, ce jeune intellectuel idéaliste ne croit pas que les Russes vont se soulever bientôt. Avec la liberté sont venus l'individualisme et une certaine richesse, au moins à Moscou, là où les décisions se prennent. Ce petit confort est bien suffisant pour maintenir une forte majorité tranquille. Comme me le confiait Tatiana, avant les gens vivaient dans l'oppression, mais ils le savaient. Désormais, ils se croient libres alors que c'est une illusion. En attendant qu'un autre band émerge pour inspirer une nouvelle génération à exiger des réformes, peut-être les Beatles l'ont-ils emporté sur Pussy Riot? Un peu de joie, un petit bonheur tranquille. You say you want a revolution? But if you go laughing at chairman Jesus then you ain't going to make it with anyone anyhow!

mardi 20 août 2013

Train de nuit

Toute la journée durant, alors que nous visitions Pushkin, on nous avait mis en garde contre les pick-pockets. Notre guide local nous a même parlé de la nouvelle mode: le vol d'objectifs d'appareils photo. Un petit bouton, un simple déclic et hop, en un tour de main, c'est le cas de le dire, le touriste se retrouve sans lentille!

Nous étions à présent sur le train devant nous mener à Vladimir. Caro était inquiète de ne pouvoir bien y dormir. Bien sûr voyager en 3e classe n'offre pas les conditions idéales pour une nuit sans dérangement. Chaque section, ouverte sur un corridor, comprend quatre couchettes. Il y a de la circulation, ça bouge, ça ronfle... Épuisés et encore à récupérer du décalage horaire, nous nous sommes couchés vers 21h00. Malgré les trains que nous croisons dans l'autre direction et qui secouent au passage le nôtre, je dors profondément en quelques instants.

À peine une heure plus tard, je suis réveillé par un gros garde de sécurité à la mine patibulaire. Il m'interpelle sévèrement! Évidemment, je n'y comprends rien, le russe ne faisant pas partie des deux langues que je maîtrise... parfois. Mon esprit, déjà embrouillé par le sommeil dont j'ai été brutalement tiré, est pris de panique à l'idée d'avoir fait quelque crime inconnu au Canada. Ma voisine, une Australienne parlant un anglais que je saisis à environ 20% avec toutes mes facultés en alerte, tente de m'éclairer en pointant le petit filet mis à notre disposition pour ranger des effets personnels: "The fine, the fine!", me dit-elle. "What fine?", que je lui réponds. "Not the fine, the FINE!" Alors que l'agent de sécurité poursuit sa logorrhée en russe, je tente de traduire de l'australien au canadien-anglais-avec-accent-québécois. "Ah! The phone!... What phone? It's a clock!" Je montre au gardien que ce qu'il a pris pour un précieux téléphone à voler est en fait un vulgaire réveille-matin. Il quitte en maugréant.
Je m'étends sur mon matelas, le cœur battant encore la chamade. Il n'y a pas à dire: ils prennent ça au sérieux les pickpockets. Tant mieux. C'est vrai qu'il faut être vigilant. Bien entendu, là je ne m'endors plus. Je me tourne et regarde un étage plus bas pour constater que Caroline dort à poings fermés... et que sa sacoche, qu'elle a mis en grande sécurité derrière son dos, est parfaitement visible et accessible. Ça, le garde ne semble pas l'avoir vu. Dilemme: dois-je la prendre et la mettre en sécurité avec le risque que Caro se réveille en panique constatant sa disparition ou la laisser là à la vue de tous ces méchants voleurs qui arpentent les trains de nuit russes épargnant ainsi le fragile sommeil de ma douce? Je choisis la première option et pends la sacoche avec moi avant de me recoucher. Je n'arrive pas plus à dormir maintenant: dès que j'entends un bruit, je jette un œil au cas où Caro se serait levée!

Une autre heure a passé lorsque je me réveille en sursaut: je regarde la couchette de ma compagne de voyage: elle est vide. Et j'entends une discussion animée dans le corridor. Une Caroline paniquée est en train d'expliquer à notre guide qui traduit pour une agente de sécurité que sa sacoche s'est volatilisée. Quelques instants de plus et une fouille du wagon débutait... Une fois mon "crime" avoué et surtout expliqué, tout rentre dans l'ordre. Tout, c'est vite dit. Évidemment, je suis à nouveau tout à fait éveillé... et le sommeil profond et reposant ne sera plus au rendez-vous jusqu'à notre arrivée à destination, à quatre heures du matin.

Je ne sais pas s'il y avait ou non des pickpockets sur ce train. Une chose est certaine: ils m'ont volé ma nuit.

vendredi 16 août 2013

Fragments islandais


L'Islande a une population de 320 000 habitants. Comme Gatineau. Fin de la comparaison. Comment vous parler de ce pays qui ne ressemble à aucun autre, pas même à ses cousins scandinaves? J'y ai passé deux semaines et ne trouve pas de fil conducteur à toutes ces petites choses qui disent beaucoup sur le pays et sur son exploration. Les voici donc en vrac... souvent agrémentées de mes commentaires.

Ici, le Père Noël est remplacé par 13 affreux méchants trolls qui terrorisent les petits. Il semblerait que Gryla fait moins souvent bouillir les enfants tannants qu'autrefois... Peut-être que la loi de 1746 interdisant aux parents de terroriser leurs enfants avec de tels récits y est-elle pour quelque chose? Quoiqu'il en soit, moi je me dis que les files d'attente d'enfants braillards et de parents exaspérés doivent être moins longues dans les centre d'achats.

L'Islande est le pays comptant le plus d'auteurs per capita. La lecture occupe une place de choix dans la vie islandaise. Les librairies pullulent. Nous sommes allés prendre une bière dans un bar mettant des livres à la disposition de ses clients et où la décoration murale représentait une bibliothèque bien garnie! Le roman policier connait un essor particulièrement remarquable depuis une décennie. Dans le genre, les noms d'Arnaldur Indriðason (dont je viens de lire l'excellente Cité des jarres), Árni Þórarinsson et Jón Hallur Stefánsson se sont fait une place de choix sur la scène internationale. Je trouve cela tout de même ironique quand on pense que le taux d'homicide volontaire en Islande est de 0,3 par 100 000 habitants, soit en moyenne un meurtre par année! Côté inspiration, ces auteurs doivent soit carburer aux téléséries américaines ou avoir l'esprit drôlement tourmenté...

Comme l'eau chaude provient de sources géothermiques, elle ne coûte presque rien. Il faut être très prudent en faisant la vaisselle... et en prenant sa douche. Nous avons visité Hveragerði, une petite ville située sur ce genre de source. On nous a montré les ruines d'une maison soufflée, en pleine nuit, par la naissance d'un geyser dans la cuisine! Une fois que l'on sait ça, on a le goût de demander: "Est-ce qu'on peut partir au plus vite?"

La vaste majorité des Islandais n'ont pas de nom de famille. Ils utilisent la plupart du temps le nom de leur père comme patronyme. Le chanteur Björgvin Halldórsson s'appelle ainsi car il est le fils d'Halldórs. Une ancienne première ministre se nomme Johanna Sigurðardóttir. Elle est donc la fille de Sigurðar. Ça ferait de belles listes de classe au Québec. Au lieu de Louis-Charles Tremblay-Gauthier, on aurait Louis-Charles d'Éric-Paul-le-fils. Deux ans plus tard, on enseignerait à son frère Pierre-Alexandre de Jean-François-le-fils...

Au spa Blue Lagoon, nous sommes dans la file de ceux qui se sont achetés un e-ticket. Ça devrait aller plus vite, mais c'est très très lent. On cherche Brooke Shields du regard, mais en vain. Alors que nous approchons du but, nous entendons que la dame qui est servie discute de la taille des costumes de bain qu'elle entend louer pour elle et ses fils. Moi, je me dis: quand tu vas au spa, il y a une chose essentielle à apporter, non? C'est étrange que les gens aient l'idée de louer des costumes de bain, mais qu'ils ne feraient jamais de même avec des sous-vêtements...

Une semaine plus tard, nous sommes dans le stationnement d'un autre spa, le Jarðböðin, surnommé le "Green Lagoon" par opposition à son célèbre compétiteur. On vient de passer une avant-midi dans les environs de Myvatn. Sans avoir ingurgité la moindre trace d'oeufs, j'ai manqué vomir une cinquantaine de fois: les volutes de souffre qui émanent du sol et de la boue en ébulition éveillent ma mémoire olfactive de façon hyper violente. Jamais eu des haut-le-coeur comme ça (et je m'y connais). Ainsi donc, après avoir pris de magnifiques photos heureusement inodores dans ces sites volcaniques, on débarque de la voiture pour se rendre au spa. Une bourrasque de vent nous amène l'air émanant des bains extérieurs... Euuuuuuuuuuuuuuuurrrrrrrkkkkkk.... Je ne sais pas s'il y a un lien avec le surnom du lieu, mais on est rembarqué dans la voiture immédiatement. Tant pis pour le spa!

En plus des sosies islandais de CKTF et de Radio-Canada, il semble exister une troisième station radio pouvant être captée à travers les montagnes sur la route 1: la soeur éloignée de Radio Ville-Marie! Troublant d'écouter du country chrétien dans un décor de volcans dont on annonce l'imminente éruption, on se croirait en veille apocalyptique. Cependant, il n'y a rien comme d'autres touristes pour nous éloigner de ces pensées eschatologiques. Nous quittons Dettifoss pour nous rendre au site géologique de Hljodaklettar. La route 862, asphaltée jusque là, en devient une de terre. Elle est cotée "F", ce qui signifie qu'elle a la largeur d'un véhicule, peut potentiellement enjamber une rivière et est donc réservée aux 4 x 4. Comme vous le savez, si vous avez lu ma précédente Chronique automobile (vieux truc d'autopromotion de son blogue), nous avons une super Nissan Micra blanche. Cher beau-papa (et assureur), désolé, mais après nous être renseignés auprès d'un voyageur en 4 x 4 qui arrivait de la dite route, nous avons décidé d'y aller! À une vitesse moyenne de 30 km à l'heure... Nous roulons depuis un moment déjà quand un 4 x 4 nous rejoint. Je tente de me ranger du mieux que je peux pour lui céder le passage. Il s'arrête et en sort un Japonais qui me demande où se trouve Dettifoss. (Comment ils ont fait pour passer tout droit? Dieu seul le sait.) Je le lui explique. Avant de remonter, il me demande où se situe la station d'essence la plus près! Elle est à au moins une heure de route. Comme quoi, certains ne se contentent pas de musique invoquant Jésus et de décors de fin du monde, ils cherchent le vrai chemin de la croix.

En islandais, le mot "stupide" est lié à l'idée de rester chez soi, de ne pas quitter son île pour voir le monde. Selon ce peuple, voyager élargit l'esprit. Eh bien, après deux semaines en Islande, je vais me coucher un peu moins heimskur ce soir. Pour ceux que l'aventure tenterait, voici, en terminant, un palmarès de notre périple ici.

Cinq coups de coeur:
1. Les chutes, spécialement Svartifoss, Dettifoss et Skogarfoss
2. Les plages de sable noir, notamment celle de Vik
3. Les moutons, sauf ceux qui se baladent sur l'autoroute
4. La visite guidée gratuite de Reykjavik par GoEcco et celle du Golden Circle animée par Gerda d'Iceland Horizon, plus pour les propos que pour les lieux pourtant exceptionnels!
5. Le Blue Lagoon, parce qu'on demeure des touristes...

Cinq types de personnes qui aiment voyager en Islande:
1. Les aventuriers fervents de plein-air
2. Les photographes en herbe ou professionnels
3. Les géologues
4. Les amants de la solitude
5. Les autostoppeurs et cyclistes qui adorent la pluie et les pentes

Cinq types de personnes qui n'aiment pas voyager en Islande:
1. Les trippeux de manèges et de parcs d'attraction
2.Les peu fortunés et les gratteux
3. Les gastronomes
4. Les passionnés de villes
5. Les amateurs de soleil et de plage

Cinq conseils:
1. Réservez tôt votre hébergement, dès janvier ou février pour l'été suivant
2. Louez une voiture et prenez l'assurance "Gravel protection"!
3. Apportez un loup pour vous cacher les yeux: le soleil se couche tard en mauzuss!
4. Pour manger à bas prix, trouvez les Bonus!
5. Tout en faisant le tour de l'île, lisez un polar islandais.

samedi 10 août 2013

Chronique automobile

Marque: Nissan
Modèle: Micra
Autres caractéristiques: blanche

Notre voyage en Islande consiste essentiellement en un tour de l'île en voiture en utilisant l'Autoroute 1. Le mot est pompeux, quant au numéro, il est inutile car il n'y en a pas de seconde de même calibre. On y roule à une vitesse maximale de 90 km par heure. Certaines sections sont en terre battue et il faut surveiller les moutons, car il arrive qu'ils décident de traverser sans prévenir ni regarder. Quoi d'autre? Ah oui, les ponts sont généralement à une voie. Dans le sens d'une seule. Il faut donc ralentir à leur approche et s'assurer que la voie est libre pour traverser le cours d'eau.

Pour compenser ces quelques désagréments, il y a le paysage. À couper le souffle. Indescriptible. Entre l'apocalypse, la Lune et un univers fantastique du genre Seigneur des anneaux. On longe la mer dont les vagues s'échouent sur des plages de sable noir. On est bordé par des montagnes couvertes de mousse verte. Il n'y a pas d'arbres. On traverse des coulées de lave figées. Ça monte, ça descend, ça tourne. Le brouillard nous tombe dessus. La pluie s'abat sur nous. On n'y voit plus rien. Puis, la lumière nous revient.

Par moment, lorsque le signal se rend, on écoute la radio islandaise. On capte deux postes: l'équivalent de CKTF et le cousin de Radio-Canada. Le premier nous bombarde de tubes américains entrecoupés de Bjork et de Monsters and Men. Le deuxième nous fait entendre les plus belles chansons de chorales folkloriques du pays. Quand on perd CKTF et qu'on est écoeuré de R-C, on jase.
Extrait de converstation:
Mathieu: Comment on a des heures de route à faire, on a le temps en masse pour discuter de choses et d'autres. Es-tu satisfaite des 43 dernières années de ta vie?
Caroline: Oh boy! Petit sujet existentiel.... Je ne sais pas trop. Je suis rarement satisfaite de ma vie globalement. Mais j'apprécie les petits plaisirs, je trouve de quoi me réjouir au quotidien.
Mathieu: Tiens, c'est drôle, moi c'est le contraire. Je suis généralement très heureux de ma vie, mais au quotidien je trouve que tout va mal et occasion de chiâler...
Caroline: Attention! Un mouton!

samedi 3 août 2013

Faux départ


Ce qui est bien avec un voyage d'un an autour du monde, c'est qu'on peut se permettre une escale à Toronto. Du moins dans le quartier semi-industriel, semi-hôtelier bordant l'aéroport. Il y avait des orages électriques hier au-dessus de la Ville-Reine. Notre avion a donc décollé d'Ottawa avec une heure de retard. Et on a manqué notre connexion pour Reykjavik. Sans doute une stratégie machiavélique de Stephen Harper pour encourager les Québécois à découvrir le Canada.

Sans blague, avoir un an devant soi, ça change tout. On n'est pas pressé. Et comme vous suivez les aventures de Zen Mat, sachez que je suis resté d'un calme olympien (c'est plate, n'est-ce pas?). Déjà assis dans l'avion, lorsque le capitaine a annoncé qu'on ne partait pas, je me suis dit: "Pas grave, on arrivera un jour plus tard. On n'est pas attendu à une importante réunion d'affaire ou à un mariage."

Bien sûr, on a couru un peu en espérant. Une fois l'inévitable constaté, on s'est enfilé des escaliers roulants, des guichets, d'autres guichets, des téléphones blancs, tout ça entourés de gens qui s'impatientaient, coupaient la file, engueulaient les préposés, sacraient (oui, il y avait des Québécois). Caro nous a réglé ça comme une pro, votre humble serviteur n'étant que d'un modeste support. On a mangé un Subway et dormi dans un Doubletree sur le bras d'Air Canada. On a connu plus exotique, quoique le chauffeur de la navette conduisait son bus comme un tuk-tuk et tous les employés de l'hôtel sont de descendance indienne.

Dans ma première entrée de blogue, j'ai dit que je voulais voyager au ralenti. Il y a lent et il y a immobile. Faudrait quand même partir! Ce soir, prise 2. Objectif: Islande. J'ai quand même réservé une journée au spa Blue Lagoon pour lundi.