samedi 19 janvier 2008

Roadtrip (2)

Comme promis, je reviens sur le sujet des déplacements en Inde. Pourquoi? Parce que c`est le principal choc culturel que je vis dans ce pays. Avant de venir ici, j`avais été impliqué dans une seule situation routière qui aurait pu me coûter la vie. Désormais, il y en tant que je ne les compte plus...

Pour saisir que je n`exagère pas, je vais tenter modestement de vous faire un portrait de la chose.

Sur toutes les routes, je dis bien toutes, on peut retrouver des autobus (véhicules vieillots et imposants pouvant transporter autant de gens qu`on peut y entasser assis et debout, de même que parfois sur le toit), des voitures, des motocyclettes, des mobilettes, des scooters, des bicyclettes, des auto-rickshaws (sortes de petits taxis, hybrides entre la moto et le cart de golf), des cycle-rickshaws (taxi-bicyclettes), des charettes tirées par des chevaux, des boeufs ou des chameaux. Il y a aussi parfois des éléphants et toujours des piétons (même sur les autoroutes). Ah oui, j`allais oublier... les saintes vaches! Elles se promènent en tout liberté dans les rues comme sur les nationales et se dénombrent par centaines.

Il y a quelques rares autoroutes bien entretenues. D`autres routes bien que générablement asphaltées sont parfois étroites ou à moitié pavées, ne permettant que le passage d`une voiture et demi. Le reste des voies de circulation sont en terre. Il n`y a pratiquement pas de signalisation routière, pas de panneaux de limite de vitesse ni de feux de circulation, sauf dans les grandes villes. Et de toute façon, s`il n`y a pas de policier pour gérer le tout, les gens n`en tiennent guère compte.

Il est fort probable qu`aucun mécanicien dans l`histoire de ce pays n`ait jamais eu à changer une ampoule de clignotant, car littéralement personne ne les utilise. En Inde, on conduit au klaxon. Les conducteurs s`en servent pour signaler leur présence. On veut dépasser, on klaxonne. A partir de là, tout le reste n`est géré que par une seule autre règle: celle du plus fort. C`est une "game" de nerfs. Qui va flancher sous la peur. Exemple? Sur une grande route avec une voie dans chaque sens, un autobus décide de doubler un camion lourd. Pendant ce temps, une fourgonnette transportant des touristes intrépides décide de passer une calèche tirée par un quelconque mammifère fatigué. Détail, il peut arriver qu`une moto s`immisce au milieu de tout ça, mais c`est un élément négligeable dans l`équation. Il ne reste que deux questions: est-ce que les deux "dépasseurs" vont y arriver sans collision frontale et, sinon, est-ce que l`un va céder à l`autre, inspiré soudainement par l`un des 360 millions de dieux du panthéon hindou.

En tout cas, il ne fait pas de doute que plusieurs d`entre eux existent et veillent sur Caroline et moi. La semaine dernière, à Jaipur, en revenant à notre hôtel alors qu`il faisait noir, notre cycle-rickshaw s`est coincé avec celui de nos amis voyageurs alors que nos conducteurs respectifs tentaient un virage en U dans un quatre voies. L`autobus qui fonçait vers nous est passé à quelques pouces de nos frêles véhicules...

Désolé, mais même après deux semaines, je ne m`y fais pas. Je plonge le plus souvent possible mon regard dans un livre. Mince consolation pour mon orgueil: j`ai appris que ma belle-soeur, en visite en Inde l`an dernier, payait les services d`un cycle-rickshaw simplement pour traverser la rue...

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