Nous sommes entrés en Roumanie en pleine saison des récoltes. D`Oradea à Cluj, j`ai contemplé le magnifique paysage aux divers tons de vert, de marron et de jaune. Environ 150 kilomètres de champs agricoles. Des hommes, torses nus, et des femmes, coiffées d`un fichu, coupent les hautes herbes à la faux. Des chevaux tirent des charettes de foin. En deux heures, j`ai compté trois tracteurs et aucune machine moderne.
J`entends l`écolo s`exclamer: "Merveilleux, pas de pollution de l`air et sans doute pas de l`eau non plus!"
J`écoute l`anti-américain m`affirmer: "Bravo, une identité nationale forte, une résistance culturelle à l`uniformisation!"
Je comprends le touriste qui proclame: "Génial! Une expérience authentique! Des photos superbes!"
Or, au bout d`un certain temps, mon sourire contemplatif se crispe. Ce ne sont pas des villages-musées que je traverse. Il ne s`agit pas de vieilles fermes conservées pour décorer la route 148. Ces taudis que j`aperçois, des gens y vivent.
Ce n`est pas seulement du folklore, de la ruralité ou de la culture traditionnelle, mais aussi de la pauvreté.
1 commentaire:
Je suis totalement d'accord, encore une fois.D'ailleurs, faudrait bien que j'arrête ça, les gens vont penser que suis téteux, cela encore 7 ans après que tu m'aies enseigné!
Sans blague, je suis devenu vraiment tanné de l'espèce d'idéalisation (que j'ai adoptée pendant un certain temps) de la vie rurale. Vivre sur une ferme, c'est fichtrement dur.Ce n'est pas idyllique, ce n'est pas toujours beau, harmonieux, plaisant, paisible. C'est souvent chiant, extrêmement demandant physiquement, souvent ça pu et souvent il fait frète en maudit!
Par contre, un juste milieu entre ce que tu décris et les immenses monocultures industrialisées de l'Amérique du Nord, ça pourrait être pas mal.
Par exemple, plein de fermiers faisant partie du programme d'agriculture soutenue par la communauté (ASC, voir http://www.equiterre.org/agriculture/index.php) sont arrivés à un assez joyeux milieu.
Attention Mat, pas tous les écolos pensent pareille! Ne changeras-tu jamais mon cynique sans fin?
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