lundi 12 mai 2014

De la pluie


Je lisais récemment un minuscule essai, souvent plus poétique que philosophique, de Martin Page sur la pluie. Envers et contre la majorité, il en faisait l'apologie. Moi, je ne suis pas un grand fan, pour dire le moins. Tout le contraire de ma douce qui manifeste toujours son mécontentement quand on parle de mauvais temps pour parler de la grisaille, des nuages et des précipitations! Malgré quelques arguments solides, mon opinion n'a pas changé une goutte... Surtout pas cette semaine, à Rotterdam.

J'adore les Pays-Bas. Pas en raison des fameux coffee shop où l'on s'achète du "pot" en toute légalité après avoir fait notre choix sur un menu à la carte. Il y en avait un au rez-de-chaussée où nous demeurions; on n'est même pas entré. Pas non plus pour les prostituées syndiquées. Je ne sais pas s'il y a un "Red light" comme à Amsterdam; on n'a pas cherché. Ni pour notre amour inconditionnel des Oranges qui tenteront de l'emporter dans quelques semaines au Brésil.

Pourquoi alors? Pour les paysages. Ceux de la campagne comme ceux de la ville. Tulipes multicolores, moulins à vent folkloriques, architecture diversifiée et audacieuse, aménagement urbrain créatif, magnifiques canaux. Eh bien, on n'a rien vu de ça. Ok, à peine. Il a fait soleil trois fois dix minutes en six jours. Je suis tellement déçu, vous ne pouvez pas savoir. Je sais: je ne suis pas fait en chocolat. Mais là... Prenez l'expression qui vous plaît: il tombait des cordes, des clous, il pleuvait à boire debout, à seaux, comme vache qui pisse. J'ai d'ailleurs rasé d'envoyer à mes neveux et ma nièce une carte postale montrant une de ces dernières en action. Je me suis abstenu.

Parmi les fleurons de la peinture néerlandaise, on retrouve Rembrandt et Vermeer. No wonder que dans un tel pays, ils ont su devenir les deux grands maîtres incontestés de la lumière. Vous savez combien j'aime prendre des photos. Cela dit, je ne suis pas très connaissant. Donnez-moi un bon sujet et une journée ensoleillée, je me débrouille. Le gris me fige. Je ne sais plus quoi faire. Je trouve tout terne. Je sais qu'on peut faire de belles choses dans de telles conditions. Je ne sais pas comment. Mon appareil est donc rangé depuis plus d'une semaine, puisqu'il pleuvait aussi en Autriche. De toute façon, même si on avait voulu, il nous aurait fallu un appareil pour faire de la photo sous-marine. Sans blague. J'en veux pour preuve les cimetières de parapluies que nous avons croisés. Miracle que les nôtres, d'une valeur de dix dollars chaque, aient tenu le coup.

On a tout eu, donc. Du crachin à l'orage, en passant par la grêle. Oui, monsieur. Il n'y aura pas d'autre chronique automobile, mais sachez que conduire dans une ville où il n'y a pas deux rues parallèles, sillonnée de sens uniques, dotée de nombreux tramways et qui compte autant de bicyclettes que de voitures, ce n'est pas de la tarte. Ajoutez une visibilité nulle et vous avez un portrait de notre stress. Parce qu'on est quand même sorti un peu. Malheureusement, pas à Keukenof voir les millions de tulipes parce que le printemps étant arrivé trois semaines plus tôt que d'habitude, on n'aurait vu que des tiges. Nous sommes allés voir le génial Bosch à 's-Hertogenbosch et le non moins brillant Vermeer à Delft. Là, il faisait un froid de canard. Je n'en avais jamais vu autant. Ils pataugeaient dans les canaux ou marchaient le long de ceux-ci. Sous l'averse. Heureux. Comme Caro.

Y a-t-il quelques points positifs à ce déluge? Je n'en ai trouvé que deux. Si vous pensiez, comme Rodrigue Escayola, que je lisais beaucoup en voyage, là je me suis régalé. Au cours de la dernière semaine, j'ai lu les deux premiers tomes de la trilogie Millénium. Pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle, ça fait un total de 1226 pages! Lire en voyage est-il absurde? Je me pose souvent la question. Chose certaine, ce n'est pas dans ma vie normale de prof que j'aurais pu me taper ces deux briques en quelques jours. Et vous vous doutez bien que si la pluie se poursuit à Bruges, le troisième opus ne me durera pas longtemps.

L'autre bon côté de cette pluie? Nul doute qu'on va devoir revenir aux Pays-Bas. Espérons que le beau temps, le seul vrai, sera au rendez-vous!

2 commentaires:

Unknown a dit…

Mathieu, you are so funny and your way with words makes reading in French, for me, un pur plaisir. I wish I had had the chance to have you as a teacher!! Je te souhaite de soleil constant à Bruges; ville de mes rêves, que je n'ai pas encore visitée: sur ma 'bucket list' très courte même si te lire, et les blogs superbes de Caroline, me donne le goût de voyager... un peu! Si j'avais 20-30 ans de moins. Mais pas de 'camping' en Afrique!! I would have killed someone in the group, I fear. En passant, je te souhaite du soleil parce que le 3ième dans la série Millenium: sans doute un des livres les plus decevants que j'ai lu. I don't have the word in French: 'tedious' as in, will this book ever end? Loved the first one, tolerated the second, and the third: enough said.

lah a dit…

Heureusement que tu aimes lire !!!