mardi 25 mars 2014

J'aime Yoko Ono


Je sais, ça part mal. Juste le titre est suffisant pour arrêter nombre de lecteurs. Nous, fans invétérés des Beatles, avons été éduqués à haïr celle dont il ne faut pas prononcer le nom. Même les amateurs, sans savoir grand chose à son sujet, ne voient en elle que la cause de la séparation du groupe mythique. Vous devez être inquiet, donc. Que se passe-t-il avec Mathieu David? Est-il malade?

Non, je vais plutôt bien merci. Je suis à Bilbao et aujourd'hui, j'ai visité le Guggenheim de l'endroit. Un musée d'art contemporain fantastique à l'architecture flabbergastante et où l'on présente actuellement l'exposition temporaire "Yoko Ono. Half-a-Wind Show. Retrospective." Pour ceux qui suivent, vous savez que j'ai aussi visité plus tôt cette année, à Sydney, "Yoko Ono: War is Over! (If you want it)". Eh bien, que dire? J'avais apprécié alors et j'ai récidivé cet après-midi. Je savais que voyager ouvrait de nouveaux horizons. Mais pas à ce point là!

Toute une artiste la madame. Avant-gardiste à plein d'égards. Elle ouvre la voie à l'art conceptuel, est pionnière de l'art de performance et de l'art participatif. Humaniste, pacifiste, féministe, écologiste, elle touche aux grandes préoccupations socio-politiques des soixante dernières années. Car la vieille est encore active à 80 ans bien sonnés! Quand on visite, on ne peut s'empêcher de sourire, de réfléchir... et de comprendre pourquoi John Lennon est tombé amoureux d'elle. On ne peut pas aduler l'homme qu'il était et en même temps écarter du revers de la main celle qui a été sa muse. Plus, celle qu'il admirait. Devait bien y avoir quelque chose. En parcourant les deux expositions, c'est ce que j'ai découvert. Comment elle a dû être stimulante intellectuellement et artistiquement. Au point de ne plus avoir besoin d'un McCartney. Ce n'est pas peu dire. Écoutez, son amour pour elle: " I miss you when you're not here. Even if it's just one hour. I wilt just like a fading flower. Ain't nothing in the world like our love dear Yoko!"

Un vrai connaisseur des Beatles sait bien que leur rupture a plusieurs causes. Pourquoi tant l'haïr alors? Deux raisons. La première, je viens de l'exposer: parce qu'on la connait finalement très peu. La seconde, je me la suis rappelée dans la dernière salle de l'exposition. Parce qu'elle chante. Posez votre regard sur l'oeuvre de Yoko et vous l'aimerez vous aussi. Écoutez-la "chanter" un instant et une violence soudaine à son égard vous submergera à nouveau. Dear Yoko, keep the other half-a-wind of your show for you. And then, war will be over!

2 commentaires:

Dé a dit…

Tu me surprendras toujours! Je n'aurais jamais cru un tel renversement possible...
C'est en même temps une belle invitation à porter un deuxième, voire un troisième et quatrième regard, sur les réalités et sur les gens qui, spontanément, nous rebutent.

Unknown a dit…

I think Yoko would appreciate your words.