Il y a des voyageurs qui vivent au jour le jour. Qui inventent leur périple au fur et à mesure. Qui arrivent dans une ville ne sachant pas où ils coucheront. J'ai beaucoup de respect pour ces aventuriers improvisateurs. Je les envie même parfois (pas souvent). Moi, je ne suis pas capable de fonctionner comme ça. Je me ramasserais à l'hôpital, ce ne serait pas long. Trop nerveux. Le choix est simple: je planifie ou je reste à Gatineau.
Mettons quelques petites choses au clair, surtout pour ceux de mes lecteurs qui me connaissent trop bien. Primo, Caroline aime également que certaines choses soient décidées à l'avance. Secundo, on ne prévoit pas tout. Les hébergements et les grands transports. Par conséquent, on sait quel jour on sera dans quelle ville. Donc, oui, on doit rester même si on s'emmerde (ce qui n'est pas arrivé souvent) et non, on ne demeure pas plus longemps même si c'est super hip, young & fresh (comme nous...). Tertio, rappellez-vos chers lecteurs, et surtout chers amis: je vis ce voyage sur un beat zen! J'en entends rire jusqu'ici! Bon, j'avoue que parfois ma zénitude est mise à rude épreuve.
Comme pour les autres endroits que nous avons visités, j'avais, pour Cape Town, identifié quelques idées d'activités. Eh bien, welcome to Africa mon vieux! Disons que ça ne s'est pas exactement passé comme je l'avais anticipé. Comme je suis bien conscient que Mother City est sans doute l'une des villes les mieux structurées du continent, ça promet pour la suite!
Tout avait pourtant bien commencé: notre vol entre Joburg et Cape Town a été upgradé en Classe affaires! Merci bien pour l'overbooking! De la place, des breuvages, des repas spéciaux! À l'hôtel Verde, situé près de l'aéroport, nous avons été servis comme des rois! Bon, fallait pas s'exciter trop vite...
Le lendemain, il nous fallait transférer à notre petit appartement. La navette réservée la veille... n'était pas inscrite sur la liste. Et pis après!
À la réception, on nous a dit qu'il fallait prévoir entre une heure et une heure et demie pour se rendre en taxi. Ç'a pris une petite demi-heure. Nous avons donc attendu pendant une heure avec nos bagages devant la grille et le barbelé protégeant notre immeuble. Bof!
La demoiselle qui devait venir nous ouvrir n'est pas arrivée au bout de l'heure. Pendant que je demeurais avec nos sacs, Caro est partie avec le I-Pad pour trouver un endroit ouvert à 9h le matin offrant Wifi à quelqu'un qui n'est pas sa cliente. Quand la retardataire est arrivée, nous sommes partis à la recherche de Caro. Pas la fin du monde!
Finalement, l'appartement était superbe! Nous nous sommes reposés et puis sommes partis pour la Nelson Mandela Gateway. Le quartier du Waterfront est à 43 minutes de marche selon Google map. Ouais... enfin bon! Arrivés là, on a appris que notre visite de la prison de Robben Island était annulée! Comment? Nous n'étions pas au courant? Pourtant, on nous avait envoyé un courriel pour nous en avertir (ben oui, pis moi je suis un Zoulou). C'est parce qu'on a ajouté des visites supplémentaires suite à la mort de Mandela... or le bateau habituel est en réparation... mais les traversiers loués pour pallier à la situation ne sont pas sécuritaires et les touristes ont peur... on peut vous offrir des places pour le 17 janvier... Trop gentil, on va prendre le remboursement. Caro pensait que j'allais sauter une coche ou faire une dépression. Eh bien, non. J'étais tout sourire. Que veux-tu Chouchou préréfé? C'est la vie!
Le lendemain, samedi, j'avais pensé allé au marché, puis faire une randonnée à travers Company's Gardens, pour finalement aller prendre des photos à Bo-Kaap. Nous n'avons rien fait de tout ça, du moins ce jour-là. Nous avons plutôt magasiné au centre d'achats. J'avais songé qu'en cours de semaine, nous pourrions visiter le Slave Lodge. Nous ne l'avons pas fait. Nous avons remplacé ça par un cinéma. On a vu Felix un film sud-africain tourné à Cape Town. Au Labia, le ticket coûte 4$. Le pop corn est 1,50$ et les consommations alcoolisées 2,50$. C'est bon un rhum & coke devant un grand écran. Nous sommes retournés deux fois: Gravity et Mandela: a long walk to freedom. Une Slush Puppie avec une grosse shot de gin, ça aussi c'est bon!
Une autre activité sur ma liste était le téléphérique menant au sommet de la Table Mountain afin d'admirer la ville. Un incontournable paraît-il! Après la montée en taxi dans un embouteillage causé par la quantité de touristes motivés et surtout par les nombreuses voitures de location arrêtées en bordure de route parce que leur moteur avait surchauffé, nous sommes arrivés à la station du téléphérique située au pied de la montagne. Là, il y avait deux files: une pour s'acheter des billets (temps d'attente: 30 minutes) et une autre pour accéder au téléphérique (temps d'attente: 3 heures). Étant donné la situation, la durée de l'activité (temps de la montée: 4 minutes) et le plaisir suscité (temps de l'extase: 5 minutes + 5 minutes de photos), j'ai suggéré de laisser tomber (temps de la désicion: 2 secondes). Caro n'en revenait pas. Elle pensait que j'allais faire une crise ou m'autoflageller. Nenni. Voyons Chouchou préréfé, quand ça n'a pas de bon sens, ça n'a pas de bon sens!
Bon, heureusement, toute la semaine ne s'est pas déroulée ainsi. Comme prévu, nous avons pu faire la visite très troublante d'un township et un tour guidé fascinant du street art du quartier Woodstock. N'empêche que le ton est donné pour les prochaines semaines. Et je me sens prêt. J'aime voyager de manière organisée, j'aime prévoir les choses à l'avance, mais je suis aussi capable de souplesse, quoique en pensent ceux qui me côtoient au quotidien, back in Canada.
Robert Parisien le sait, il l'a vu: je ne suis pas le même en voyage. Pour ceux qui seraient encore sceptiques: un soir, j'ai même trainé Caro à un spectacle en plein air dans le parc du quartier! Laissez-moi vous dire que voir un trisomique afrikaner danser avec des Blacks complètement souls sur Africa de Toto, c'est quelque chose! L'Afrique s'offre à nous, avec ses merveilles et son désordre. Comme je le disais moi-même, en swahili, au Roi Lion: Hakuna matata!
3 commentaires:
Bravo pour la zénitude ! J'ai hâte de lire la suite. Ça ressemble au journal de voyage en Afrique d'un couple d'amis d'un ami (!!!) que j'ai lu l'an passé. Bien des surprises en vue. Bonne chose que l'option zen pour ce parcours.
Wow, je suis sans mots... Est-ce que l'expression Hakuna matata s'importe bien au Québec? Je crois que je vais moi-même revisiter mon Roi Lion. Ç'a l'air à faire du bien!
Zenitude. J'ai appris un mot aujourd'hui. Faut aller en Afrique pour le découvrir celui - là!
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