vendredi 24 janvier 2014

Nos amis les animaux


La légende veut qu'enfant j'aie eu un chien et que je l'aie rendu fou! Suis-je devenu allergique aux animaux à poil après qu'il ait été piqué? Par culpabilité devant sa mort? Ou étais-je déjà immuno-déficient et je me suis vengé sur le premier mammifère à ma portée? Mystère... Peu importe, à partir de là, flatter la bête ne serait plus possible pour moi.

Télé-métropole a bien essayé de me faire découvrir la faune en insérant dans sa programmation quelques émissions éducatives comme Le royaume des animaux qui présentait chaque semaine un documentaire animalier. Quel ennui! Ce sont plutôt les dessins animés qui l'ont emporté! De mon temps, on se réveillait tôt le samedi matin pour regarder la tragique vie de la grenouille japonaise Démétan persécutée par un vilain homard. Vers neuf heures, il y avait les aventures du Petit Castor. Après quelques super héros et autres Goldorak, on revenait aux bêtes via Looney Tunes. Et, bien entendu, il y avait ce bon vieux Disney, avec Mickey, Donald et Dingo, mais aussi les Aristochats, Bernard et Bianca! J'ai donc développé ma relation au monde animal par le biais de la fiction, de la caricature, de l'humour, bien loin des bêtes en chair et en sang.

Mes motivations à faire le tour du monde sont liées à la rencontre de gens, à la découverte de leur culture et de leur art. Pendant mon périple entre Cape Town et Arusha, ces objectifs seront peu atteints. Au moins une quinzaine de jours sont consacrés à des expéditions visant à voir des animaux dans leur habitat sauvage (sans compter les journées de transport vers ces réserves naturelles). Imaginez alors la surprise de Rose, notre guide sur le continent africain, lorsque je lui ai déclaré que l'aspect safari du périple n'était pas vraiment important pour moi! Que croiser un zèbre m'enchanterait, mais que de ne pas en voir m'indiffèrerait. Que je préfèrerais, et de loin, les paysages désertiques de la Namibie à toute rencontre avec un faune!

C'est donc sans attente animalière que j'ai amorcé ma balade en Afrique pour me rendre compte très rapidement que de toute façon, même si l'on ne va pas vers la bête, elle vient à nous. Je réalise, chaque jour, à quel point je vis dans un monde coupé de la nature sauvage. À quelques écureuils, rouge-gorge et moustiques près, je côtoie surtout l'espèce humaine et entrevois parfois un caniche. Ici, surtout en camping, c'est tout le contraire. Le soleil se lève et commence à pénétrer dans la tente. On ouvre les yeux pour apercevoir un babouin qui nous espionne par la fenêtre. Quand je prends ma douche, j'ai l'impression d'être dans un insectarium. Je reviens à la tente pour découvrir des traces d'hippopotames qui sont venus manger un peu durant la nuit sur notre site. Je déjeune pendant que les mangoustes passent le long de notre cuisine de fortune. Je lève les yeux en faisant la vaisselle et une maman phacochère (Pumbaa dans Lion King) guide ses petits vers le ruisseau.

Évidemment, la plupart de mes amis voyageurs ne sont pas venus pour observer ces petites bestioles. Ce qui fait saliver, ce sont les grosses affaires. Les flamands roses sont très beaux, les marabouts spectaculairement laids, les vautours plus menaçants que dans Lucky Luke et les autruches impressionnantes, mais on veut plus que ça. Gazelle, impala, dik-dik, kudu et autres antilopes? Ok, mais c'est trop gentil, trop commun. Des centaines d'éléphants sur la rive d'une rivière? Pas pire! Des buffles, des rhinocéros blancs ou noirs. Ha! Là tu commences à parler. Ils veulent la bête meurtrière. Le chacal? La hyène? Non, le vrai truc: le guépard, le léopard et, idéalement, le lion! Ils sont ici pour porter leur chemise safari et pour utiliser leur appareil photo doté d'une lentille permettant de voir la carie dans la bouche du fauve. À côté d'eux, en t-shirt American Apparel ou Reithmans, avec nos appareils à portée limitée, en admiration devant les zèbres et les girafes, on a l'air de ce qu'on est: des amateurs!

J'avais trouvé que la charge des hippos contre nos canots dans le Delta de l'Okavango ou celle d'un éléphant contre notre immense camion nous avaient procuré de bonnes doses d'adrénaline. Pourtant, nous savions que l'expérience ultime allait tôt ou tard venir: la course au roi des animaux!

Quand Caro et moi travaillions en camp de vacances, nous faisions chanter aux enfants: "Je m'en vais chasser le lion! Je n'ai pas peur! Des fleurs! Et des journées! Ensoleillées!" C'est en fredonnant ce refrain (dans ma tête) que je suis parti avec ma douce et mes compagnons explorer le Parc de Chobe, au Botswana. Encore endormis suite à notre réveil à 4h30 du matin, nous roulons en 4 x 4 sur des chemins cahoteux, nous observons quelques uns de nos amis les animaux et, plus ou moins blasés, prenons quelques photos. Tout à coup, le conducteur dont le nom ressemble à mayonnaise, reçoit un message radio: un couple de lions se promène dans la Zone X. Vous voulez y aller? OUI!!!!!! Alors, attachez vos chapeaux d'Indiana Jones mes amis, parce que c'est parti! Les singes qui ne regardaient pas avant de traverser la route ont eu la peur de leur vie.

Arrivés sur les lieux, nous ne sommes pas les seuls. Quatre tout-terrains se font compétition. Mayonnaise a décidé qu'il allait gagner! En raison de son amour de la faune? Parce qu'il veut narguer ses collègues ensuite? Ou pour avoir le gros pourboire des Occidentaux avides de sensations? Peu importe, on suit le couple royal de près. Le rugissement des deux bêtes est ensevelli par les déclics des appareils photo! Nous nous rapprochons de plus en plus de la lionne. Son compagnon ne semble pas apprécier. Alors que notre véhicule double un large buisson, la femelle enclavée entre les deux, le mâle, qui a contourné les arbustes surgit à toute vitesse. Il en a assez et a décidé de charger sur nous! Pour être plus précis, sur Caro assise sur le siège du côté et vêtue d'un t-shirt rose immanquable!

Ça s'est passé très vite! D'un mouvement agile, je me suis interposé entre le tueur et ma douce et d'un solide coup de poing sur la machoire, l'ai repoussé. Il est parti tout piteux pour s'acheter une carte postale de Mathieu David, l'homme sauvage!

Ok, je recommence. Ça s'est passé très vite. Tout à coup, Caro était assise sur moi et moi j'étais assis sur ma voisine de droite. Il en est allé de même dans chaque rangée de sièges. Le lion n'a pas sauté. C'était une fausse charge pour nous éloigner. Pour le moins efficace. Même si dans notre persepective, il s'est approché à un coup de gueule du 4 x 4, quand on regarde la vidéo prise par un de nos amis Australiens, on voit bien que l'animal s'est arrêté à deux bons mètres de nous. Caro va s'en rappeler toute sa vie. Et les autres aussi!

Les animaux que nous admirons sur les routes d'Afrique sont fascinants. Plus que je le pensais au départ. Je préfère cependant déguster des steaks d'oryx plutôt que de finir dans l'assiette de Simba.

mercredi 15 janvier 2014

Thérapie en Namibie


Vous avez déjà dû accélérer le rituel de la vaisselle parce qu'une tempête de sable approchait? Ça fait une bonne histoire à compter dans un souper entre amis: "Ça me fait penser à la fois où nous étions en Namibie en train de laver nos assiettes et nos casseroles quand on a vu l'horizon changer de couleur. Laisse-moi te dire que du vent, il s'est mis à y en avoir pas à peu près! L'air est devenu brun! On voyait comme un rideau de sable s'avancer sur nous quand tout à coup, blablabla..." Savoureuse anecdote que je ne pourrai pas utiliser maintenant que je l'ai écrite!

N'est-ce pas un des plaisirs du voyageur que de raconter des histoires plus ou moins aventureuses, drôles ou tragiques, mais desquelles il est ressorti en héros? Bien sûr, on peut vouloir aller à l'étranger simplement pour se reposer sur la plage, pour visiter des musées ou se payer de bonnes bouffes. Cependant, souvent, plusieurs recherchent aussi des occasions de se dépasser, de se mettre à l'épreuve, de se prouver des choses: qu'on est maintenant un adulte, qu'on est encore jeune, qu'on est capable de vaincre une peur.

Nous quitterons sous peu la Namibie, un pays incroyable que je n'oublierai jamais! Pourquoi? On pourrait penser que de marcher au milieu des plus hautes dunes de sable au monde et d'en escalader une marquent suffisamment pour que l'expérience s'imprègne de façon indélibile dans la mémoire. On pourrait aussi dire que ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de prendre en photo des paysages rappelant les peintures surréalistes de Dali, de faire du sandboarding, de voir une girafe ou un éléphant vivant à l'état sauvage à quelques pieds de soi. Ces raisons sont suffisantes pour se rappeler de la Namibie, mais ce n'est pas pour ça que je vais m'en souvenir.

Je n'oublierai pas parce que j'ai dû dépasser une limite, et pas n'importe laquelle.

Pour ceux qui connaissent la femme avec qui je voyage, vous vous doutez bien que partir 45 jours en camping sauvage en Afrique n'était pas son idée. Elle m'a fait confiance même si elle trouve parfois mon obsession pour la découverte de nouvelles contrées un peu éreintante. Je crois qu'il y a des jours où elle le regrette un peu, d'autres où elle est reconnaissante. Toujours est-il que ses principales habiletés ne se situent pas d'abord dans les tâches manuelles et que son "prime time" n'est pas le matin.

Imaginez. Le cadran sonne. Il est 4h30 du matin. Il fait noir. Il faut se lever prestement, aller prendre sa douche froide, rouler les sacs de couchage et les matelas, ranger nos effets personnels et les porter au camion, démonter la tente, tout ça en 45 minutes. Plus tard, vers 15h30, il faudra faire l'opération inverse... sous le soleil. Ce n'est pas comme au Camp de l'Avenir où nous nous sommes connus alors que nous étions jeunes moniteurs. Il ne fait pas 25 degrés Celcius, il fait plus de 40! Bref, malgré nos années de camp de vacances et nos road trips dans la parcs nationaux américains, on en arrache.

Et c'est là que la limite à dépasser survient. Inattendue. Quelqu'un s'approche et commence à nous donner un coup de main avec les poteaux... Quoi! Moi, accepter de l'aide! Dans un domaine où, sans être un pro, je pensais quand même pouvoir me défendre! Jamais! Quelle honte! Quelle blessure pour l'orgueil! Je me tais, ravale, souris, remercie. Et me promets que demain sera différent.

Or, le lendemain, ce n'est pas différent. C'est même pire. Mon super système parfait où chaque truc a sa place précise dans un des sacs carambole. Caro ne le comprend pas. Est-ce que je lui ai expliqué? Peut-être pas. Pas assez. Pourtant, c'est si simple, si logique dans mon esprit. Et je m'impatiente. Je rage. Elle fige, elle panique. Et quelqu'un arrive pour nous aider. Encore... Merde!

Je suis habitué de performer, d'être, sinon le meilleur, du moins un des excellents, de liver la marchandise, d'arriver premier, en tout cas, jamais dernier. Je suis aussi un control freak, je me mets rarement en situation d'échec potentiel, je jauge les paramètres et décide si je joue le jeu, certain de gagner ou du moins d'être prétendant au titre. Et là, ça ne marche pas.

Ça s'est passé sur une dune, comme pour Caro, mais pas la même. Le débloquage. Paraît que le désert est un endroit idéal pour rencontrer Dieu, Satan ou soi-même. Je me suis contenter du troisième. Comme je le disais plus haut, je suis allé faire du sandboarding. Ce n'est pas de descendre une dune sur une planche qui m'effrayait. J'étais motivé au maximum: impressionner le cool neveu, baver mon bon ami Martin, surprendre ceux qui me réduisent à ma "nerditude" et, tout simplement, avoir une bonne décharge d'adrénaline. Oui, j'ai dépassé mes limites en m'élançant ainsi. Or, ce n'est pas en descendant sur le sable qu'il s'est passé quelque chose.

C'est en montant. La première ascension a été difficile, la seconde très pénible. Pas en forme le bonhomme, s'en vient vieux... Manque de souffle, de cardio. Six arrêts de quelques minutes pour remonter en haut. Pendant ce temps, les belles jeunesses dépassaient mononcle. Lors de la troisième "escalade", je me suis arrêté à la mi-parcours et me suis dit: "Ça finit ici. Tu t'es amusé, tu as repoussé tes limites, mais faut pas tomber sans connaissance comme au Collège, les ambulances sont loin!" J'étais résigné. Puis, Zach, un Australien de 28 ans qui fait partie de notre groupe, est arrivé à ma hauteur. Il m'a demandé: "Are you ok, Mat?" Je lui ai fait un signe affirmatif. Il s'est penché pour prendre ma planche : "Do you want me to help you with this?" Et c'est à ce moment que le débloquage a eu lieu. J'ai réfléchi et j'ai dit: "Yes, thank you!" Sans tristesse, sans jalousie. Juste de la reconnaissance. L'humiliation est devenue humilité.

Depuis, ce n'est pas parfait, mais ça va mieux, je progresse. Je lâche un peu prise. J'accueille la main tendue. Je vais mieux. Et Caro aussi.

mercredi 1 janvier 2014

Pas comme prévu


Parfois, à la rentrée au mois d'août, mon coordonnateur Simon me demande, pour me taquiner: "Pis, mon Mathieu, peux-tu nous dire ce que tu vas faire le 12 mai, jour 2, à 11h35, avec le groupe 44?" Et moi, je lui réponds: "Bien sûr, mon Simon, à moins d'un gros, gros imprévu, je vais aborder les origines de l'Islam!" Ça le fait rire. Parce que c'est vrai. Je suis quelqu'un de plutôt organisé...

Il y a des voyageurs qui vivent au jour le jour. Qui inventent leur périple au fur et à mesure. Qui arrivent dans une ville ne sachant pas où ils coucheront. J'ai beaucoup de respect pour ces aventuriers improvisateurs. Je les envie même parfois (pas souvent). Moi, je ne suis pas capable de fonctionner comme ça. Je me ramasserais à l'hôpital, ce ne serait pas long. Trop nerveux. Le choix est simple: je planifie ou je reste à Gatineau.

Mettons quelques petites choses au clair, surtout pour ceux de mes lecteurs qui me connaissent trop bien. Primo, Caroline aime également que certaines choses soient décidées à l'avance. Secundo, on ne prévoit pas tout. Les hébergements et les grands transports. Par conséquent, on sait quel jour on sera dans quelle ville. Donc, oui, on doit rester même si on s'emmerde (ce qui n'est pas arrivé souvent) et non, on ne demeure pas plus longemps même si c'est super hip, young & fresh (comme nous...). Tertio, rappellez-vos chers lecteurs, et surtout chers amis: je vis ce voyage sur un beat zen! J'en entends rire jusqu'ici! Bon, j'avoue que parfois ma zénitude est mise à rude épreuve.

Comme pour les autres endroits que nous avons visités, j'avais, pour Cape Town, identifié quelques idées d'activités. Eh bien, welcome to Africa mon vieux! Disons que ça ne s'est pas exactement passé comme je l'avais anticipé. Comme je suis bien conscient que Mother City est sans doute l'une des villes les mieux structurées du continent, ça promet pour la suite!

Tout avait pourtant bien commencé: notre vol entre Joburg et Cape Town a été upgradé en Classe affaires! Merci bien pour l'overbooking! De la place, des breuvages, des repas spéciaux! À l'hôtel Verde, situé près de l'aéroport, nous avons été servis comme des rois! Bon, fallait pas s'exciter trop vite...

Le lendemain, il nous fallait transférer à notre petit appartement. La navette réservée la veille... n'était pas inscrite sur la liste. Et pis après!

À la réception, on nous a dit qu'il fallait prévoir entre une heure et une heure et demie pour se rendre en taxi. Ç'a pris une petite demi-heure. Nous avons donc attendu pendant une heure avec nos bagages devant la grille et le barbelé protégeant notre immeuble. Bof!

La demoiselle qui devait venir nous ouvrir n'est pas arrivée au bout de l'heure. Pendant que je demeurais avec nos sacs, Caro est partie avec le I-Pad pour trouver un endroit ouvert à 9h le matin offrant Wifi à quelqu'un qui n'est pas sa cliente. Quand la retardataire est arrivée, nous sommes partis à la recherche de Caro. Pas la fin du monde!

Finalement, l'appartement était superbe! Nous nous sommes reposés et puis sommes partis pour la Nelson Mandela Gateway. Le quartier du Waterfront est à 43 minutes de marche selon Google map. Ouais... enfin bon! Arrivés là, on a appris que notre visite de la prison de Robben Island était annulée! Comment? Nous n'étions pas au courant? Pourtant, on nous avait envoyé un courriel pour nous en avertir (ben oui, pis moi je suis un Zoulou). C'est parce qu'on a ajouté des visites supplémentaires suite à la mort de Mandela... or le bateau habituel est en réparation... mais les traversiers loués pour pallier à la situation ne sont pas sécuritaires et les touristes ont peur... on peut vous offrir des places pour le 17 janvier... Trop gentil, on va prendre le remboursement. Caro pensait que j'allais sauter une coche ou faire une dépression. Eh bien, non. J'étais tout sourire. Que veux-tu Chouchou préréfé? C'est la vie!

Le lendemain, samedi, j'avais pensé allé au marché, puis faire une randonnée à travers Company's Gardens, pour finalement aller prendre des photos à Bo-Kaap. Nous n'avons rien fait de tout ça, du moins ce jour-là. Nous avons plutôt magasiné au centre d'achats. J'avais songé qu'en cours de semaine, nous pourrions visiter le Slave Lodge. Nous ne l'avons pas fait. Nous avons remplacé ça par un cinéma. On a vu Felix un film sud-africain tourné à Cape Town. Au Labia, le ticket coûte 4$. Le pop corn est 1,50$ et les consommations alcoolisées 2,50$. C'est bon un rhum & coke devant un grand écran. Nous sommes retournés deux fois: Gravity et Mandela: a long walk to freedom. Une Slush Puppie avec une grosse shot de gin, ça aussi c'est bon!

Une autre activité sur ma liste était le téléphérique menant au sommet de la Table Mountain afin d'admirer la ville. Un incontournable paraît-il! Après la montée en taxi dans un embouteillage causé par la quantité de touristes motivés et surtout par les nombreuses voitures de location arrêtées en bordure de route parce que leur moteur avait surchauffé, nous sommes arrivés à la station du téléphérique située au pied de la montagne. Là, il y avait deux files: une pour s'acheter des billets (temps d'attente: 30 minutes) et une autre pour accéder au téléphérique (temps d'attente: 3 heures). Étant donné la situation, la durée de l'activité (temps de la montée: 4 minutes) et le plaisir suscité (temps de l'extase: 5 minutes + 5 minutes de photos), j'ai suggéré de laisser tomber (temps de la désicion: 2 secondes). Caro n'en revenait pas. Elle pensait que j'allais faire une crise ou m'autoflageller. Nenni. Voyons Chouchou préréfé, quand ça n'a pas de bon sens, ça n'a pas de bon sens!

Bon, heureusement, toute la semaine ne s'est pas déroulée ainsi. Comme prévu, nous avons pu faire la visite très troublante d'un township et un tour guidé fascinant du street art du quartier Woodstock. N'empêche que le ton est donné pour les prochaines semaines. Et je me sens prêt. J'aime voyager de manière organisée, j'aime prévoir les choses à l'avance, mais je suis aussi capable de souplesse, quoique en pensent ceux qui me côtoient au quotidien, back in Canada.

Robert Parisien le sait, il l'a vu: je ne suis pas le même en voyage. Pour ceux qui seraient encore sceptiques: un soir, j'ai même trainé Caro à un spectacle en plein air dans le parc du quartier! Laissez-moi vous dire que voir un trisomique afrikaner danser avec des Blacks complètement souls sur Africa de Toto, c'est quelque chose! L'Afrique s'offre à nous, avec ses merveilles et son désordre. Comme je le disais moi-même, en swahili, au Roi Lion: Hakuna matata!