J'arrive à Bangkok en provenance de Chennai en Inde. Impossible de ne pas comparer. Je quitte l'hôtel pour aller prendre le bus. Tiens, le nom des rues est indiqué sur des panneaux! Oh! le trottoir est en pavé uni! Et il n'y a pas d'odeurs à vous donner la nausée! Je me présente à l'arrêt. Des tuks-tuks et des taxis sont stationnés pour emporter les plus impatients. Aucun chauffeur ne m'interpelle! Je monte dans le 503. L'autobus est en bon état, climatisé et il y a de la place pour s'asseoir! Je regarde par la fenêtre: les rues sont propres! Je respire et ne fais pas d'asthme, même au centre-ville! Je tends l'oreille: aucun conducteur ne sent le besoin de klaxonner à chaque cinq mètres! Une fois débarqué à Victory Monument, une demi-heure plus tard, je trouve la compagnie de mini-bus. On me vend un billet et je suis assis dans un van climatisé qui quitte en moins de 5 minutes. Quelle efficacité! Sur l'autoroute, il n'y a pas de piétons, pas de vaches, pas de dos d'âne, pas de trous... et les voitures ne se permettent pas d'autres fantaisies que d'utiliser l'accotement comme 4e voie! Je suis en choc culturel!
Environ deux heures plus tard, je suis à Amphawa. L'article que j'ai lu n'a pas menti: je suis entouré de 99% de Thaïlandais ou du moins d'Asiatiques. J'essaie de m'orienter, de poser quelques questions. Ça ne parle pas vraiment anglais. Quelques mots seulement, "Boat tour, 500 bahts, forthy five minutes!" m'offre-t-on. Je décline l'arnaque et commence à longer les canaux sur lesquels des bateaux-cuisines offrent aux riverains leurs grillades et autres mets. Ça bourdonne d'activité. Les marchants dont les boutiques bordent l'eau vendent des produits pour les gens qui font leur marché ou qui veulent acheter des cadeaux à leurs amis. Du funky, du luxe, des antiquités, de l'artisanat. Outre quelques t-shirts arborant le nom du marché, pas de souvenirs pour Occidentaux. Il a fallu que j'attende la fin de l'après-midi avant de trouver une carte postale. En attendant, le Nikon se fait aller. Je pense à Caro qui aime tant photographier la bouffe et les fleurs. Mais je ne suis pas certain qu'elle serait à l'aise ici: elle préfère prendre son temps, s'arrêter, prendre dix fois le même cliché pour atteindre la perfection. Là, il faut faire vite: les allées sont très étroites, une file dans un sens, une dans l'autre, ça avance à la queue leu-leu. On ne peut pas arrêter sans bloquer tout le monde.
La chaleur est torride. Un homme me lance: "Boat tour, 50 bahts, five temples, one hour!" Là, tu parles. J'embarque plus pour le vent que pour la tournée: des temples bouddhistes, j'en ai déjà vu une tonne et je vais en voir un et pis un autre dans la prochaine semaine, des plus gros, des plus beaux sans doute. Avec quinze minutes de temps libre par arrêt (je sais, ça fait une heure et quart, le tour a fini par en durer deux!), je décide de ne pas me déchausser et de plutôt explorer les alentours des temples. Eh bien, le prof de religion en a pour son argent! Une surprise n'attend pas l'autre. Je suis témoin d'un paquet de trucs étonnants: des fleurs de lotus en plastique hyper kitschs, un manège sur lequel tournent des mannequins de moines tenant des bols d'aumône où les fidèles déposent leurs offrandes, un temple entouré de figurines de coqs et de statues de violents guerriers... Et dire que je ne peux poser aucune question. Le gars qui conduit le bateau ne sait dire que "Fifteen minutes!" et les autres touristes qui voyagent en ma compagnie sont des Thaïlandais qui ne parlent pas anglais! Je me suis construit des réponses qui vaudront jusqu'à ce que je trouve mieux! Ou que je lise un livre sur le sujet...
Au retour, il fait noir. J'admire le Skytrain et les gratte-ciels illuminés de la ville. Ce n'est qu'en débarquant du van que je constate qu'il n'y a pas d'arrêt d'autobus du côté opposé du boulevard où je suis débarqué. Partir seul, c'est trouver des solutions par soi-même et à son image. C'est l'heure de pointe du samedi soir. Je marche. C'est noir de monde! Tout à coup, j'aperçois un 503! Il est dans la quatrième voie. Je pars à courir, me faufile entre les gens, puis entre les voitures immobilisées par l'embouteillage. Je fais signe au chauffeur qui me regarde et se dit sans doute: "Encore un maudit touriste perdu!". Je cogne à la vitre, il me fait non de la tête. Je continue. Il ouvre la fenêtre. Je lui demande où se trouve son prochain arrêt. Il me fait un signe indiquant un endroit aussi imprécis que lointain. Je m'insiste. Il finit par céder. Ouf!
Je sais pas si Caro aurait apprécié mes méthodes, mais elle est bien contente de m'ouvrir la porte. Soulagée même, elle commençait à s'inquiéter de mon absence prolongée. Moi aussi, j'étais bien heureux de la retrouver, mais j'ai bien aimé ma journée en solitaire et me suis promis de répéter l'expérience! Je ne serais pas surpris qu'il en soit de même pour elle!
3 commentaires:
Contente que tu continues d'écrire. J'espère que Caro est ok.
Ask me how much I admire your sense of adventure! And how much I look forward to reading your blog! I realllllllly think you and Caroline should have these blogs published in book form.
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