samedi 19 octobre 2013

Le Pays des sourires


On arrête dans une station-service. Pendant que le chauffeur attend que le pompiste fasse le plein, ça rit aux éclats, comme de vieux amis. On marche dans un village avec notre hôte, il fait des blagues plates, mais les trouve si bonnes et s'esclaffe tant de ses propres gags qu'on finit par rire nous aussi devant une joie aussi sincère. Nos amies Nook et Soon disposent d'un meilleur sens de l'humour, inutile de faire semblant: elles sont hilarantes, autant lorsqu'elles se moquent de nous que lorsqu'elles se taquinent l'une et l'autre. Qu'on soit en train, au restaurant, à la plage ou au temple, tous les Thaïlandais semblent de bonne humeur.

Tant de bonheur est contagieux. Imaginez: même moi je ne puis faire autrement qu'être heureux. Nos amis ont bien vu sur les photos: Mat a l'air en forme! Depuis notre arrivée, il y a une semaine, je nage dans la joie. C'est merveilleux! Mais ce n'est pas parfait... Y'a un hic, un mini-problème, un minuscule glitch. Comment écrire un blogue dans de telles circonstances? Les grands écrivains, on le sait bien, sont des êtres tourmentés. Du moins, ceux que je fréquente. Ils racontent leur névrose, étalent sur papier leur maladie mentale, tranforment l'alcool en encre. N'allez pas croire que je sois alcoolique, malade ou névrosé ni d'ailleurs un grand écrivain... pourtant, il me semble difficile de narrer la sérénité, d'élaborer sur le soleil, d'expliquer la gentillesse, de décrire le bleu ou de nommer les saveurs. Il faudrait que je me pratique, ça doit bien s'apprendre. Or, comme nous quittons demain pour la Malaisie et que je ne sais pas si l'extase se poursuivra, je ne vais pas m'y mettre aujourd'hui. Je vais plutôt profiter du temps qu'il nous reste ici! À bon entendeur, salut! Et bienvenue en Thaïdande!

2 commentaires:

lah a dit…

Ce serait effectivement un beau défi de décrire le bonheur. Profite de l'ambiance, ce premier texte nous la décrit fort bien. Continue, ça va peut-être nous inciter à y penser et à chercher «les mots du bonheur»

Dé a dit…

Je serais tout de même curieuse de savoir... Comme la misère ou la beauté, le bonheur a-t-il ses couleurs locales?