C'est notre dernier soir à Mumbai. Demain, on quitte pour Goa. Treize heures de route! Il faut se lever à 5h00 pour attraper un train. Mononcle veut se coucher tôt. Pour être en forme demain. Petit hic: dehors, on dirait sous notre fenêtre, il y a un party. Un gros party. Cette semaine, c'est la Ganesh Chaturthi. Une des grandes fêtes de l'année, spécialement ici dans la métropole indienne. Les festivités culmineront le dernier jour alors qu'en soirée les hindous iront déposer dans la mer des centaines de statues du dieu à la tête d'éléphant. Mais, en attendant, tous les soirs sont des occasions de réjouissance.
Mais moi, je veux dormir. Normalement, lorsque notre sommeil est compromis par des fêtards qui font du bruit après 22h00 dans les chambres voisines des hôtels où nous logeons, je ne me gêne pas pour intervenir. Mais là, c'est dehors et ça semble gros. J'essaie donc de m'endormir malgré la chaleur et au son des tambours. En vain. À la suprise de Caro, qui ne dort pas non plus, et encore plus à la mienne, je propose qu'on s'habille et qu'on aille faire un tour dehors pour voir un peu la parade passer! Oui, vous avez bien lu. Je suggère de sortir alors qu'il fait noir! Attention: c'est dans un intérêt purement intellectuel: je veux comprendre la religion hindoue...
Nous quittons donc l'hôtel. Contrairement à ce que je pensais, ce n'est pas un grand défilé de la ville entière qui fait tout ce boucan, mais une fête de quartier. On s'approche un peu pour mieux voir. Une centaine de personnes sont rassemblées. Ça danse sur les trottoirs et dans une partie de la rue autour de trois joueurs de batterie et quelques autres musiciens qui s'en donnent à coeur joie. Le rythme est envoutant. Les danseurs semblent en transe. Pas une goutte d'alcool en vue. Mais à 40 degrés Celcius et avec cette intensité, il y a de quoi perdre la tête.
Alors que nous regardons les jeunes se déhancher, un homme s'approche de nous. Dans un anglais approximatif, il nous prie de venir goûter au repas communautaire. Impossible de refuser. Nous voilà donc, assis sur des chaises de parterre dont on a chassé les occupants, à déguster du riz nappé de curry. Puis, on nous offre de l'eau. Petit moment de panique. On ne veut pas offenser personne... ni avoir la diarrhée pendant trois semaines. Notre hôte, comprenant notre hésitation, nous pointe les bidons d'eau stérilisée. Ce n'est pas de refus dans ce cas: on sue à grosses gouttes et la bouffe est assez épicée!
Un petit monsieur plus âgé nous aborde. Lui non plus ne parle pas beaucoup anglais, mais il nous fait comprendre qu'il veut nous inviter au petit sanctuaire temporaire construit en l'honneur de Ganesh. Sous l'abri, fait de toile en plastique, s'élève une statue du fils de Shiva, toute en couleurs et décorée de nombreuses lumières. L'hindouisme, contraire à la religion chrétienne, dégage dès le premier contact tant de vie. C'est joyeux et positif. On est loin d'un crucifié pour nos péchés. Pourtant, Ganesh est le dieu invoqué pour lever les obstacles. Nous enlevons nos souliers et nous approchons de la divinité en machant sur la toile toute propre qui recouvre un trottoir que nous savons normalement couvert de détritus et de saleté. On nous offre une pâte sucrée dégustée pendant le rituel. Pendant un moment, nous observons discrètement les gens qui viennent prier.
Une fois de retour dans la rue, l'inévitable survient: un jeune nous invite à joindre le "plancher de danse". Nous déclinons. Je danse deux fois par année... après avoir bu pas mal. Il insiste. Encore une fois, impossible de refuser. Leur désir de nous accueillir, de nous voir joindre la fête est irrésistible. Je cède donc. Me voilà à me contorsionner sur des rythmes qui me sont étrangers. Après quelques moments de malaise, je finis par suivre les mouvements des Indiens. Grand succès. Je me retourne pour voir que Caro danse dans le coin des femmes. Il n'en faut pas plus pour que l'on devienne la cible des photos et les vedettes de vidéos! La soirée est réussie! Ça crie de joie! Je ne comprends pas tout, ça sonne peut-être comme: "***** Super cool ***** Party animal ***** Night beast *****!"
1 commentaire:
Vraiment étonnant ta petite danse! J'espère que le voyage en train n'a pas été trop pénible.Dis à Caro: Le film Still life était très près du livre. Gamache plus jeune qu'en imaginaire, Beauvoir moins costaud, Clara moins hippie et pas mal jeune, Ruth parfaite, Myrna discrète et mince, il me semblait qu'elle avait été décrite comme excentrique et plutôt corpulente. Bon en général avec quelques petites faiblesses vers la fin. À voir quand même. à bientôt.
Enregistrer un commentaire