mardi 13 mai 2008

Défloration finlandaise

Pas besoin d'être né un 30 août pour être toujours vierge... Suffit de venir en Finlande! Il y a tant de nouveautés à expérimenter!

Bien entendu, certains prétendront que l'on peut dire la même chose de tous les pays. C'est à la fois vrai et faux. Vrai, parce que dans chaque contrée, il y a toujours un plat régional à déguster, un paysage hallucinant à contempler, une musique plus ou moins étrange à decouvrir. Et pourtant, aussi, faux... En Finlande, on ne se sent pas si dépaysé. Ça ressemble à plein d'égards au Canada. Et c'est peut-être ce sentiment d'être chez soi qui rend les différences si troublantes. La Finlande devient dès lors le lieu de premières suprenantes.

Ainsi, j'ai joué aux quilles. Attention! J'ai joué aux grosses. La famille où nous demeurions à Naantali était si enthousiaste face à l'activité qu'il a été impossible de refuser. Eh oui... Moi, l'intello un peu snob qui rit du Boulevard des Artisans des Promenades de l'Outaouais, je me suis ramassé à abattre des quilles entouré de gens qui portent des chandails avec des loups. Qu'est-ce que tu veux? La pression des pairs, c'est fort. Et, évidemment, heureusement, j'ai eu du plaisir. Ne pas penser, ou si peu, est tout de même un loisir fort jouissif. Pas sûr que j'aurais fait ça back home. Mais là, j'ai fait le grand saut. Ou le grand sot?

Pour dire vrai, en Finlande, même les étapes que nous avons déjà franchies semblent ne plus compter. On est à nouveau puceau en tout. A Helsinki, nous résidions chez une mère monoparentale et ses trois enfants, dont deux ados. Moi, je connais ça les ados: j'enseigne au secondaire! Le plus vieux a 16, son cadet 14. En plein ma tranche d'âge. Je vais pouvoir utiliser tous mes talents pour faire contact. Penses-tu? Le plus jeune, s'arrachant de son jeu vidéo avec lequel il était en train de tuer l'humanité, se présente à table pour le dîner. Un chandail noir foncé genre morbide. Les yeux cachés derrière un mur de cheveux. Euh... elle est où ta gamme? Ta coupe n'est pas très sobre... J'avale et je me lance: "So, do you like hockey?". - "No." C'est tout. Pas "Not really." ou "I prefer football." Non, non. Un "No!" sans appel. Beau tata, j'ai continué dans la même ligne: "You know Saku Koivu is huge in Québec, everybody loves him!". Silence total. J'ai osé une dernière tentative: "Well, I suppose you must not find it very cool to have two teachers at you table for lunch. It does not give you a break!" J'ai cru percevoir un sourire derrière le rideau de fer. Puis, il s'est levé avec son assiette, malgré les protestations de sa mère, et il est retourné massacrer l'humanité. Je me suis senti un peu coincé. Ou pas encore déniaisé.

Autres exemples? Sur les Iles de Aland (habitées par la minorité suédoise du pays), nous avons été accueillis par une famille scandinave typiquement plein-air qui nous a envoyés faire un 20 km à vélo. Ma dernière randonnée de cette envergure remontait à 1992... Autant dire dans une autre vie. Mal de cul le lendemain! J'ai aussi visionné, le mot est bien choisi, mon premier film en suédois (car les sous-titres anglais n'apparaissaient qu'à moitié). Non, ce n'était pas Le septième sceau de Bergman, mais Råttatouille... Hé. Faut bien débuter à quelque part...

Le rapport à l'alcool est aussi bien particulier. A Aland, nous avons réussi à ne pas terminer une bouteille de vin blanc alors que nous étions quatre adultes à y boire... Peut-on parler d'exploit? En tout cas, c'est une autre première. Or, cet incident est exceptionnel: la Finlande fait partie de la "Vodka Belt". On dit comme ça. Les jeunes de 16 ans et leur aînés de tous âges boivent partout. Dans les rues. Dans les parcs. Dans les transports publics. Et boire, dans le sens de boire. Soul mort à 15h00.

Par politesse nous avons aussi bu un peu. Surtout chez le couple de Naantali. Ai-je déjà pris quatre bières dans la même soirée? Hum... pas sûr. Avec un verre de vin? Vraiment pas sûr. Heureusement, le repas était copieux. J'étais donc dans un état un peu léger quand l'invitation s'est présentée. En Finlande, bien des gens ont un sauna dans leur appartement. Lorsque Petteri m'a proposé de terminer la soirée par une session dans le sauna, mon système d'alarme interne s'est mis en marche. J'avais lu dans le Lonely Planet qu'en Scandinavie les saunas publics se fréquentent nu. J'ai donc posé la question s'il en allait de même en privé. "Of course, is there a problem with that?", s''est exclamé mon hôte en riant. Là, j'ai essayé d'expliquer... que ce n'était pas dans ma culture de se dénuder au spa, que les saunas étaient des lieux de "cruise" gay, que je n'avais pas fréquenté les vestiaires sportifs étant jeune, que... que... que... Il a continué à rire. Puis, je me suis trouvé un peu ridicule. Il m'a dit que si je ne voulais pas, il n'y avait pas de problème, mais que si ça pouvait m'aider, on prend normalement une Vodka bien glacée dans le sauna... Alors, j'ai dit oui et... je l'ai fait pour la première fois.

1 commentaire:

Unknown a dit…

hilarant sur deux points :
1. erreur stupide de ta part pour le jeune de 14 ans : ne JAMAIS parler des choses que tout le monde connaît à propos d'un pays à un de ses habitants. C'est comme si tu te faisais demander par un suédois "t'aimes la musique? En Suède, Céline Dion est ADORÉE!"
2. être nu avec des finlandais chauds (double sens ici!)

j'aime ça dans le fond que tu sois en voyage, je voyage un peu avec toi en même temps!

Merci MatBeat!