Quel est le chanteur, la chanteuse ou le groupe que vous aimez le plus? Quel écrivain vous fait vibrer à coup sûr? Qui est votre peintre favori? Quel est le réalisateur dont les films vous épatent le plus?
Vous avez répondu à ces questions au fur et à mesure, et probablement sans trop de difficultés. Essayez celle-ci maintenant: quel est votre architecte préféré? A un ou deux lecteurs près, je vous vois lever les sourcils. On m`aurait posé la question la semaine dernière que j`aurais eu la même réaction.Pourquoi donc restons-nous sans réponse? Est-ce parce que l`architecture est un art qui voyage mal? Qu`en fait, justement, il faut bien souvent nous-même nous déplacer pour pouvoir l`admirer? Est-ce parce que c´est un art moins populaire? Parce que nous n´avons pas une tradition très riche en ce domaine au Canada? Peu importe.
Nous voici donc à Barcelone où j´ai fait cette rencontre extraordinaire. Je suis tombé en amour. Avec lui. Il s´appelle Gaudi (1852-1926). Ben non, pas Gandhi. Vous allez dire que mes objets de passion ont des noms à résonnance similaire. Hé. Que voulez-vous?

Antoni Gaudi, donc. Un génie. Pour vrai. En effet, de nos jours, on déclare tout génial. Or, le génie n´est pas si commun justement. Pourquoi le Gaudi en question en serait-il un? Je voudrais vous en convaincre. Mais je n´ai pas les mots pour le dire. Il faudrait que vous puissiez le vivre. Car, les photos ne disent pas tout. L´architecture s´adresse à la vue, bien sûr, mais aussi à tout notre corps. C´est sensoriel, global. Ok, les sarcastiques, vous trouvez que je fais psycho-pop. N´empêche. Visiter une maison dessinée par Gaudi, marcher dans le Parc qu´il a conçu, traverser le chantier centenaire et toujours actif de son chef-d´oeuvre inachevé, la Sagrada Familia, sont des expériences indescriptibles.
Rarement me suis-je senti ainsi. Qu´y a-t-il de si exceptionnel dans le travail d´Antoni Gaudi? Il s´est inspiré de la nature. Il en fait son sujet d´étude au même titre que l´architecture. La faune et la flore sont devenues ses muses. Il a suivi son intuition lui dictant que l´harmonie des formes et des structures
naturelles pouvaient être utilisées dans la construction de bâtiments et de lieux humains. Cette idée lui a permis "d´inventer" de nouvelles façons de dessiner l´habitat, tant à l´extérieur qu´à l´intérieur. Les résultats sont stupéfiants: écologiques avant l´heure, agréables à l´oeil, confortables pour le corps, apaisants pour l´esprit. Je le répète, j´ai peine à dire son génie. Encore aujourd´hui, son travail fascine autant les esthètes que les physiciens et les mathématiciens.
Comment expliquer le bien-être que j´ai ressenti en marchant dans les endroits qu´il a conçu? Peut-être, encore une fois, que mon thérapeute-philosophe Botton saura nous éclairer?
Le poète Wordsworth affirmait que la nature constituait un remède indispensable aux dégâts psychologiques infligés par la vie urbaine. Ce message se heurta à une vive résistance initiale.
C'était l'effet des villes sur nos âmes plutôt que sur notre santé, qui le préoccupait. Le poète accusait la ville d'engendrer toutes sortes de sentiments destructeurs: anxiété au sujet de notre position dans la hiérarchie sociale, envie à l'égard du succès d'autrui, orgueil et désir de briller aux y
eux d'inconnus. (...) Si bien pourvus qu'ils fussent, ils désiraient sans cesse de nouvelles choses, dont ils n'avaient pas vraiment besoin et dont leur bonheur ne dépendait pas. Et dans ces lieux pleins de gens anxieux, il semblait plus difficile de nouer des relations sincères avec les autres que dans une ferme isolée.
Et pourtant un objet inanimé peut - pour en venir au coeur de l'assertion wordsworthienne sur les effets bénéfiques de la nature - exercer une influence sur nous. Les choses de la nature ont le pouvoir de suggèrer certaines valeurs (les chênes la dignité, les pins la détermination, les lacs la sérénité) et peuvent ainsi nous inciter discrètement à la vertu.
Je crois que l´oeuvre de Gaudi, du fait qu´elle a été à ce point inspirée par la nature, nous permet d´en ressentir l´harmonie et la paix.
naturelles pouvaient être utilisées dans la construction de bâtiments et de lieux humains. Cette idée lui a permis "d´inventer" de nouvelles façons de dessiner l´habitat, tant à l´extérieur qu´à l´intérieur. Les résultats sont stupéfiants: écologiques avant l´heure, agréables à l´oeil, confortables pour le corps, apaisants pour l´esprit. Je le répète, j´ai peine à dire son génie. Encore aujourd´hui, son travail fascine autant les esthètes que les physiciens et les mathématiciens.Comment expliquer le bien-être que j´ai ressenti en marchant dans les endroits qu´il a conçu? Peut-être, encore une fois, que mon thérapeute-philosophe Botton saura nous éclairer?
Le poète Wordsworth affirmait que la nature constituait un remède indispensable aux dégâts psychologiques infligés par la vie urbaine. Ce message se heurta à une vive résistance initiale.
C'était l'effet des villes sur nos âmes plutôt que sur notre santé, qui le préoccupait. Le poète accusait la ville d'engendrer toutes sortes de sentiments destructeurs: anxiété au sujet de notre position dans la hiérarchie sociale, envie à l'égard du succès d'autrui, orgueil et désir de briller aux y
eux d'inconnus. (...) Si bien pourvus qu'ils fussent, ils désiraient sans cesse de nouvelles choses, dont ils n'avaient pas vraiment besoin et dont leur bonheur ne dépendait pas. Et dans ces lieux pleins de gens anxieux, il semblait plus difficile de nouer des relations sincères avec les autres que dans une ferme isolée.Et pourtant un objet inanimé peut - pour en venir au coeur de l'assertion wordsworthienne sur les effets bénéfiques de la nature - exercer une influence sur nous. Les choses de la nature ont le pouvoir de suggèrer certaines valeurs (les chênes la dignité, les pins la détermination, les lacs la sérénité) et peuvent ainsi nous inciter discrètement à la vertu.
Je crois que l´oeuvre de Gaudi, du fait qu´elle a été à ce point inspirée par la nature, nous permet d´en ressentir l´harmonie et la paix.
1 commentaire:
Comme l'appréciation de l'architecture demande un déplacement que je ne puis me permettre, allons-y de références plus proches...
Dans le genre architecture inspirée de la nature, que penses-tu du Musée canadien des civilisations?
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