dimanche 30 mars 2008

Killing fields

En raison du silence imposé par la Chine, mes activités littéraires ont été retardées au point de ne pouvoir écrire un mot sur mon passage au Cambodge. J'avoue qu'à quelque part, ça m'arrangeait.

Lorsque nous préparions le voyage, au cours de l'été 2006, autant dire il y a un siècle, Caro me taquinait en intitulant notre périple "Génocides 2007-2008". Mon obsession pour l'histoire et ses malheurs n'avait d'égal que sa propension pour l'art et le beau, d'où mon surnom pour son aventure: "Chandelles 2007-2008".

Or, j'avais pour ainsi dire oublié ce qui nous attendait au pays des anciens Khmers rouges. Le choc a donc été d'autant plus grand. J'aurais dû être habitué. Après deux camps de concentration nazis, qu'est-ce qui peut encore émouvoir? Le Centre de détention S-21 au cœur de Phnom Penh.

Pourquoi ai-je été si bouleversé? Premièrement, ça ne s'est pas passé il y a soixante ans. Tous les Cambodgiens que l'on croise dans la rue ont été touchés: ils ont perdu un parent, un frère, une sœur. La population est passée de 7 millions d'habitants en avril 1975 à 4 millions en janvier 1979! Deuxièmement, on est tellement centré sur l'Occident qu'on ignore les drames qui se sont déroulés ailleurs. Je n'ai rien contre le fait de continuer à réfléchir sur le drame juif et sur la Seconde Guerre mondiale. Mais disons que ça évite de penser à d'autres choses. Tout à coup, c'est comme si on se réveillait. Tiens, il y a eu ça aussi! Troisièmement, et c'est là une sensibilité toute personnelle d'enseignant et d'intellectuel: on s'en est pris à ceux qui savaient. On a éliminé systématiquement ceux qui avaient un diplôme, ceux qui occupaient un poste lié à la connaissance. On a tué ceux qui portaient des lunettes parce qu'ils avaient l'air intelligent et ceux qui avaient la peau pâle parce qu'ils devaient travailler loin du soleil, donc avec leur tête. Et le haut-lieu de ce massacre, le S-21, est un lycée transformé en centre de torture. Quant à la Bibliothèque nationale, on s'en est servie comme soue à cochons! Finalement, et j'en tremble juste à y penser, il y a encore des gens dont les mains sont tachées de sang au pouvoir dans ce pays. Le silence apeuré du peuple cambodgien face à cette situation est aussi troublant que tragique.

Je vous en reparlerai. En attendant, si le cœur vous en dit, vous pouvez lire First, they killed my father.

mardi 4 mars 2008

"Same same but different"

L'expression est consacrée, imprimée sur les t-shirts. Elle montre bien les défis posés par la communication entre l'étranger et le Vietnamien, tout en exprimant habilement le caractère à la fois direct, déterminé, conciliant et humoristique des gens d'ici. Portrait d'un pays au travers de rencontres ordinaires et extraordinaires.

A la frontière

Il ne reste que cinq pays communistes sur notre planète. Dans ma tête, les responsables de tels régimes n'entendent pas à rire. J'anticipais donc que notre passage aux lignes serait fastidieux. Du moins, notre "group leader" nous avait-elle averti de cette possibilité. Même si je m'attendais à tout, le choc a été total.

Lorsque nous sommes arrivés, personne ne faisait la file. Nous avons donc pu procéder immédiatement. Si tout s'est passé rondement avec les premiers d'entre nous, la situation a pris une toute autre tournure avec nos trois jeunes et belles Anglaises. Tout a débuté subtilement. Les agents ont mis beaucoup de temps à vérifier et contre-vérifier si la photo de passeport de chacune correspondait bien avec leur doux visage. Des va-et-vient de plus en plus accompagnés de sourires quant
à eux de moins en moins figés. Inutile de dire que nous avons aussi commencé à rire. Puis, un des agents a discrètement sorti son cellulaire... pour photographier l'une des filles! Devant notre hilarité, les agents ont poussé le relâchement de la discipline jusqu'à sortir de leur cubicule de plexiglas pour venir se faire prendre carrément en photo au milieu de nos nymphes! Je crois que le communisme vietnamien est en péril.

Vie de chien

On roulait depuis une heure au Vietnam, lorsqu'on a aperçu deux porcs, format géant, vivants, emprisonnés dans des étaux de bois, pendant de chaque côté d'une fragile motocyclette. La scène aurait dû nous préparer à la suite, pourtant, le choc a été, pour la plupart, des plus total. Quand notre mini-bus a doublé le camion contenant les cages remplies de chiens, vivants et empilés les uns sur les autres, entassés comme des poulets, bien des membres du groupe ont crié leur horreur. Au Vietnam, on fait l'élevage du chien. Car on en mange la viande.

Personnellement, outre le fait qu'ils étaient encore en vie et sans doute pas très confortables, je n'ai rien vu de problématique là-dedans. Notre ethnocentrisme nous aveugle beaucoup. Dégoût devant la consommation de la viande de chien? Similaire à celui des hindous devant celle de la vache. Cruauté? Je suis toujours étonné de
constater l'émoi des gens devant le traitement réservé aux animaux. Je ne suis pas complètement insensible à leur situation. C'est seulement que je pense que les droits humains sont plus importants et que leur non-respect devrait soulever davantage notre indignation. Or, mes compagnons de voyage réagissent bien moins à la vue d'humains qui souffrent. A moins que ce ne soit l'habitude? Moi, je suis troublé à chaque fois que je croise un enfant, un handicapé ou un vieillard mendiant. Il faut vivre dans un pays où les droits de la personne sont hautement respectés pour avoir le luxe de protéger ses animaux. Ça viendra au Vietnam, comme c'est venu chez nous. Plus tard.

Est-ce mon statut d'allergique ou mon cynisme qui me protège? Les gens regardent peut-être trop de dessins animés. Pourquoi s'émouvoir davantage du sort du chien que de celui du boeuf ou du cochon? Parce que ce sont des animaux gentils et intelligents m'ont répondu mes compagnons de voyage, outragés! De toute façon, notre guide local nous a rassurés: les Vietnamiens ne mangent que les chiens stupides!
Succulent!

L'interrogatoire

Toujours dans notre mini-bus, notre guide local veut nous faire pénétrer sa culture en profondeur et le plus vite possible. Il prend donc les grands moyens:
- Y a-t-il des couples dans le groupe?
Je change de banc et me rapproche de Caro. Comme nous ne sommes pas fusionnel, nous ne nous assoyons pas souvent ensemble. Or, nous sommes le seul couple. Pour encourager notre animateur, je nous identifie.
- Est-ce qu'il vous arrive de vous embrasser?, demande-t-il candidement.
- Bien sûr!, que je réponds sentant déjà la pente glissante.
- Que faites-vous avant de vous embrasser?, poursuit-il.
Eclat d'hilarité du côté des dix voyageurs esseulés. De plus en plus embarrassant...
- Euh... Qu'est-ce que tu veux dire?, tente-je pour sauver ma peau.
Les sous-entendus et rires équivoques se multiplient.
- Juste avant de l'embrasser que fais-tu?, précise-t-il.
Afin d'éviter le faux pas verbal, je décide de passer à l'acte sous les applaudissements nourris des jeunes. Franc succès.
- As-tu fermé les yeux?, rapplique notre animateur.
- Oui!, réponds-je.
- Un Vietnamien qui embrasse sa copine ferme un oeil et garde l'autre ouvert. Vous savez pourquoi? (suspense intenable) Pour surveiller sa moto...
Quel pédagogue!

A l'abordage!

La Baie de Halong est l'un des joyaux naturels du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Et le titre n'est pas volé. Des milliers de rochers arrondis qui jaillissent hors de l'eau telles des montagnes. De toute beauté. J'ai passé une heure à contempler le paysage sans broncher. Le calme, la paix, la sérénité des lieux envahissent l'âme. Puis, nous avons jeté l'ancre. C'est là que nous avons été attaqués. Elles arrivent chacune dans leur immense barque qu'elles font avancer à grand-peine, avec de longues rames. Toutes petites, toutes menues, elles sont assises au milieu de leur marchandise: Oréo, Pringle, Coca-Cola, vin rouge, souvenirs de tout acabit. Elles crient, elles hurlent, elles appellent, elles offrent, elles demandent. Elles se collent contre notre bateau, elles essaient de nous convaincre d'acheter, tout en repoussant les adversaires, tout en déplaçant leur gagne-pain pour se situer au meilleur endroit sur l'échiquier maritime. Quelle vie pour ces frêles femmes! Quelle détermination! Que d'efforts pour réussir à refiler un paquet de biscuits à des touristes plus amusés qu'affamés...

La valeur du 5$ US

Toujours sur notre bateau, fin de soirée. Le souper a été arrosé. La soirée s'est poursuivie dans la même foulée. On a ri, on a dansé. Vive Billy Jean! Le rouge cheap a cédé le pas aux "rhum and coke". On a ri, on a jasé. Les jeunes, qui se trouvent beaux et qui sont armés d'appareils numériques, se sont photographiés (et nous avec) plus que l'on peut l'imaginer, et encore plus que je ne peux le tolérer, même bien pompette. Minuit est arrivé, les membres de l'équipage se sont préparés à aller se coucher. On est donc passé sur le toit-terrasse. On sentait que la fin approchait. Cependant, Tall Ben (parce qu'il y a aussi Small Ben qui préfère qu'on dise Young Ben) a insisté. Un petit "night cap"? Ok. Je vais avec lui voir le marin-barman. Il ne reste qu'une bouteille de blanc à 25$ US. Ben négocie pour 20$. Rien à faire. C'est le prix. Devant notre évidente déception, l'homme nous dit qu'il peut peut-être en trouver une moins chère. Nous acceptons. C'est alors que je retrouve momentanément ma lucidité. Je pars à la recherche de notre courageux pourvoyeur et le retrouve pieds nus, les pantalons roulés se préparant à... sortir un kayak pour aller chercher la précieuse boisson sur un bateau voisin. Complètement estomaqué par la tournure des événements, je lui ai dit de laisser tomber. Il y a tout de même bien des limites à ce qu'on peut exiger pour 5$ américains... Ça fait que j'ai pris la bouteille à 25 dollars!

Résilience

Vous connaissez la Guerre Américaine? Je n'ai pas dit la Guerre d'indépendance américaine ou la Guerre de Sécession américaine. J'ai dit la Guerre Américaine. Connaissez pas? Elle a succédé à la Guerre française. Toujours pas? Peut-être que ce sera plus clair si je vous dis la Guerre du Vietnam. Nous, on l'appelle comme ça. Pas eux. Logique, non? J'ai vu Platoon, Full Metal Jacket, Hamburger Hill, Born on the Forth of July, Apocalypse Now, Deer Hunter et, évidemment, Good Morning Vietnam. Tout ça, et pourtant quand Caro m'a demandé de lui expliquer le conflit, je suis resté sans mots. Je me suis donc attaqué à un court livre d'une centaine de pages, en anglais (oui, monsieur), pour m'éduquer sur la chose. Je me suis aussi tapé deux musées pas très pédagogiques et quelques sites historiques.

Et j'ai commencé à comprendre un peu mieux. Depuis, les questions sur l'après-guerre fusent. Les mêmes que celles que j'avais pour la Seconde Guerre mondiale quand j'étais dans des familles allemandes en août. Sauf que là, ça s'est terminé en 1975. Faut pas être très très vieux pour l'avoir connue. Et si ce n'est pas soi, c'est
automatiquement ses parents. Les questions sont donc plus délicates à poser.

Je sais que ce que je vais dire n'a rien de scientfique, que ça ne reflète pas le vécu de tous. D'ailleurs, pas plus tard qu'hier, sur la toujours pertinente BBC, nous avons vu un reportage sur des familles qui font appel à des voyantes pour retrouver le corps perdu d'un fils ou d'un pere tombé au combat. La tristesse de ces gens était immense. Ceci dit, voici deux anecdotes et un constat plus global. A la question "Comment percevez-vous les Français et les Américains qui viennent en voyage ici?", un de nos jeunes guides locaux m'a répondu sans detour, mais sans sourire: "Mon peuple ne regarde pas vers le passé. Nous sommes tournés vers le futur. Les Américains et les Français sont les bienvenus comme touristes: on veut leur argent!" Un autre guide local, âgé de 42 ans, me raconte sa vie d'enfant dans les abris anti-missiles et dans les tunnels souterrains. Il en parle sur un ton si léger que j'en suis troublé. Soudain, il se met à imiter en riant les tirs ennemis et les bombes tombant du ciel, faisant des bruits de jeux vidéos, en sautillant un peu partout. Encore plus mal à l'aise, je lui fais part de ma surprise devant sa frivolité. "J'étais un enfant, me dit-il. Je ne comprenais pas tout. Pour moi, c'était une aventure. Je sais que c'était dramatique, mais maintenant, ça fait partie de l'histoire."

Le constat maintenant? Ce qui frappe d'emblée chez ce peuple, c'est son dynamisme, son énergie, sa détermination, son optimisme et ce qu'on appelle en psycho sa résilience. Nombre de pays ont connu des événements douloureux. Peu semblent cependant aussi en santé mentale que le Vietnam. Le pays est encore pauvre, la misère est palpable. Pourtant, ce que l'on remarque d'abord, c'est l'esprit combatif, la joie de vivre et la fierté des gens. Et selon moi, ce trait de caractère collectif est aussi évident ici, que chez les immigrés vietnamiens que j'ai côtoyés au Québec. Ça inclut ma dentiste!

Les petits vieux font leur cinéma

La première journée à Hanoi, nous sommes allés diner dans un petit restaurant de quartier. Le mur principal était décoré de diverses vieilles photos en noir et blanc et d'un immense poster couleur du film Indochine. Pendant que nous attendions d'être servi, je n'ai pu faire autrement que de remarquer un vieux monsieur qui observait la clientèle dans l'embrasure de la porte de service. Il devait avoir plus de 70 ans, mais peut-être bien 150 aussi! J'ai aussi constaté qu'un des clichés en noir et blanc montrait Catherine Deneuve avec un Vietnamien assis dans le restaurant où nous étions assis. 1+1 = 2: le vieux alors jeune avec la vedette de passage lors du tournage d'Indochine. Les générations plus âgées de Vietnamiens parlent français. C'est donc sans hésitation qu'à la fin du repas au moment de partir, je me suis adressé au vénérable dans mon meilleur français international. Le sourire sur son visage était rayonnant. Nous avons échangé quelques mots. Quel plaisir de traverser la barrière culturelle grâce au français. C'est si rare qu'on peut le faire sans Shakespeare! Et vive les vieillards sympathiques! Du moins, le croyais-je à ce moment-là...

Je n'aurai pas vu beaucoup de films cette année. Que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir! N'empêche que j'ai trouvé moyen de voir (en reprise) la cérémonie des Oscars. Cet événement est le Noël des cinéphiles. Nous n'allions donc pas manquer une telle occasion de fêter. Nous avons acheté une bouteille de rouge, des noix, du jambon, un fromage, du chocolat noir. Manquait que du pain. Héritage de l'époque coloniale, la baguette est assez répandue ici. Cependant, il était déjà tard et nous ne savions pas où en trouver. C'est alors que je vois se poindre un vieil homme au coin de la rue. Je décide de l'aborder en français. Encore une fois, une joie instantanée s'est manifestée. Je lui ai expliqué que je voulais une baguette. Il m'a souri, m'a mis la main sur l'épaule et m'a entraîné dans la bonne direction. Ah, ces gentils aïeux! Or, plus nous avancions plus sa main descendait... Rendu à la boulangerie, il en était à l'endroit où le dos perd son nom. J'ai gardé mon calme, suis resté poli, ai pris bonne note de mon nouvel apprentissage. Il nous a quittés en saluant Caro comme si elle n'avait rien vu. Pas de chance, notre boulanger ne vendait pas de baguette. Seulement du pain de fesse...

Toujours vivant

Au Vietnam, on l'appelle Oncle Ho. Il est mort en 1969, avant la fin de la guerre, avant la victoire de la cause pour laquelle il a donné sa vie: la libération de son pays du colonialisme et de l'exploitation capitaliste. Contrairement à sa volonté, on lui a érigé un immense (et très communiste) mausolée où l'on peut venir voir son corps reposant en paix. Il est vénéré. Son image est partout. On ne rit pas quand il est question du Père de la Nation. Le saint lieu est gardé par l'armée. Dès l'entrée, les soldats nous intiment au silence. Le moment est solennel. Nos jeunes, malgré mes avertissements, ne saisissent pas. Un soldat les rappelle vivement à l'ordre. Nous avons traversé la pièce en moins d'une minute. Et pourtant, on peut parler d'une expérience culturelle. Quoique l'on puisse penser de l'homme, de son oeuvre, de ses méthodes, de ses positions politiques, il faut bien reconnaître que dans ce pays, on a encore un grand sens du respect pour l'histoire et l'autorité. Jusqu'à quel point ce respect est-il naturel? Ça, c'est autre chose. Lorsque sans arrières-pensées, j'ai demandé à un guide local: "Qu'est-ce que ça change concrètement au quotidien de vivre sous un régime communiste?", il m'a dit qu'il ne pouvait pas répondre à une telle question. Après tout, le communisme vietnamien n'est peut-être pas aussi mort que je le croyais il y a quelques jours à la frontière.

Happy hour

Si la technique de vente est connue mondialement, la variante vietnamienne a vraiment de quoi surprendre. En tout cas, sur la plage à Hoi An. Nous sommes assis, Caro et moi, en compagnie d'une co-voyageuse, Jana, et nous contemplons la mer quand une dame s'approche de nous pour nous vendre ses cossins. "Happy hour! Happy hour!", crie-t-elle, toute souriante. Le Père Noël au centre d'achats ne peut faire mieux. Elle semble vraiment convaincue des bienfaits qu'elle apporte à l'humanité dont nous sommes les plus dignes (et les plus disponibles) représentants. Si au moins elle vendait de la bière! Au pire du Pepsi. Ben non, elle vend des bananes, des noix et des poupées en paille. Méchant "Happy hour"! On ne veut rien acheter. Elle insiste joyeusement: "Happy hour! Happy hour!". Je l'invite à s'asseoir et à contempler la mer avec nous. Je lui dis qu'elle sera happy comme nous! Elle trouve la blague très bonne... mais elle reste avec nous! Et tente une nouvelle offensive en s'adressant à Jana: "What country? Me guess, you buy something! Spain?" Pas vraiment. "Germany?". Après trois essais infructueux, je lui déclare: "Game over!". Elle a encore ri de bon coeur, puis elle a quitté. Pauvre fille: elle aurait cherché longtemps. Jana est une Russe naturalisée américaine! Same same, but different!